—47 : Ridicule

Moi. En retrait. Seul.
J’ai mal. J’ai mal comme jamais je n’ai eu mal et, par anticipation, jamais je n’aurais mal dans ce qui me reste à vivre.

L’impression d’être humilié. Incompris. Repoussant.
L’impression d’avoir tout compris de travers. D’en faire des tonnes.

Je suis parti en pensant qu’on allait me retenir.
Personne ne l’a fait. Certains ont même souri.

Je me vois, m’entends, me sens pleurer.
C’est tellement ridicule.

Il arrive. Il s’excuse.
Il ne comprends pas mais il s’excuse.
Du coup, je n’arrive plus à le détester.

Elle arrive. Il s’en va.
Elle ne s’excuse pas.
Elle ne comprends pas et ne s’excuse pas.
Mais je n’arrive pas à la détester.

Donc je me déteste.
Et je continue de pleurer.
C’est vraiment ridicule.

—46 : Contradiction

Elle me parle de lui.
Je l’écoute. Je lui réponds.
Elle sait ce que je pense d’elle.
J’ai juste envie de lui dire que je m’en fous de lui.
J’ai juste envie de l’aider à obtenir ce qu’elle veut.
Contradiction.
Comme souvent.
Son bonheur.
Mon bonheur.

—44 : Tout ou rien

« Je préfère vivre quelques minutes de bonheur avec toi et souffrir ensuite que de ne rien vivre du tout« .

C’est la première fois que j’arrivais à trouver les mots pour exprimer ce que j’avais toujours pensé depuis le début. Et il a fallu que je lui dise à elle.
Bien sûr, je le pensais. À 200%.

De même, cette déclaration n’était pas une phrase toute faite pour la rendre amoureuse de moi.
Non, en fait, c’était simplement un message de prévention, car je me doutais bien que cette histoire se terminerait mal.

Mais voilà, grâce à elle, j’allais ouvrir les yeux sur ma façon de vivre mes relations.

—43 : 1400 jours ensemble

Nous avons donc passé exactement 1400 jours ensemble, soit 3 ans, 10 mois et un jour.
Du coup, quand je regarde le film (500) jours ensemble, je comprends pourquoi j’ai l’impression de vivre la même chose de façon démultipliée.

—41 : Mauvais parcours

Je te trouve sympa.
Je t’aime bien.
Je m’entends trop bien avec toi.
J’ai envie d’être avec toi.
Je suis très bien avec toi.
Je t’aime.
Je t’aime à en mourir.
Je t’aime à m’en compliquer la vie.
C’est compliqué, mais je t’aime.
Je t’aime par habitude.
Je me pose des questions.
Je ne t’aime plus.
Je te déteste.
Je t’aime encore.
Je te déteste.
Je t’aime encore.
Je te déteste.
Je la trouve sympa.

—40 : Honnête

À défaut de l’être avec elle, je ne suis même pas foutu d’être honnête avec moi-même.

Je dis tout le temps que ma seule envie, c’est qu’elle soit heureuse, alors qu’en fait, je veux qu’elle le soit, mais grâce à / à cause de / avec moi.
Je veux être heureux parce qu’elle l’est.

En fait, je ne suis qu’un putain d’égoïste qui n’est pas foutu d’y voir clair dans sa vie.

Mais surtout, j’ai beau dire tout haut que j’ai tourné la page, quand je suis seul, je ne rêve que de la reconquérir.

—39 : En fait, je m’en fous…

Aujourd’hui encore, j’y repense, et je ne réalise pas.
L’effet d’une bombe… et d’un pétard mouillé.

Avant même cette annonce, je m’étais déjà préparé à cette éventualité.
Elle tourne un peu autour du pot, mais je sais ce qu’elle va me dire.

Je lui demande ouvertement. Elle minimise. Je pense qu’elle ment.

J’ai mal au coeur. Je me sens trahi.
Le pire, c’est qu’elle tente de me dire que c’est aussi un peu de ma faute.
Je n’ai plus trop envie de lui parler là.
Et j’ai sommeil.

Quelle idée de me dire ça alors qu’on est au lit ?
Elle continue de s’expliquer sur ses raisons, mais je ne l’écoute plus.
Alors que ce n’est pas une bonne idée, j’essaye d’imaginer ce qui a bien pu se passer.
Quand ? Où ? Qui est-il exactement ?

Je m’endors.
Je lui fais la gueule.
Mais en fait, je m’en fous. Demain, j’aurais déjà oublié.

—38 : Sans elle

Il y a des claques qui font du bien.
Je me pensais fort. J’allais apprendre que non.

Elle était partie en famille. Et aucunes nouvelles. Pas vraiment son genre.

D’abord, une petite gêne. L’idée de ne pas savoir si elle allait bien, de ne pas pouvoire entendre sa voix.
Puis quelques blagues avec les amis. Pour me rassurer. J’essaye de ne pas m’inquiéter.
Arrivent les vrais doutes, qui se transforment en peur.

Son absence sonnait comme une déchirure. J’avais la boule au ventre à l’idée de l’avoir perdue. Irrationnel à chaque minute.

Enfin son appel.
Je l’engueule : « Plus jamais tu me fais ça !« .
Elle ne comprend pas. J’entends même son sourire. Elle se dit surement que je l’aime en fait.
Et elle a raison.

—35 : Elle panique

Tout se passait tellement bien quelques secondes avant. Là, il n’y a pas de doute, elle panique.

J’essaye de garder mon calme.

À l’intérieur, je stresse autant qu’elle, peut-être plus, mais j’essaye de sauver les apparences. Comme d’habitude.

Elle pleure. Je lui souris.
Je lui fais la promesse d’être là, quoiqu’il arrive.
Je le pense vraiment. Mais je sais surtout que dans quelques jours, elle passera à autre chose, à quelqu’un d’autre… Cette histoire n’a aucun sens depuis le début.

Je me persuade que si. Je me pense différent. Je crois réellement que sa via va basculer avec moi.

Je ne devrais pas, je sais.

Elle ne pleure plus. Elle a décidé de me croire.
Et dès demain, elle commencera à me fuir. Si seulement je pouvais ne pas en être conscient.

—34 : « Ben t’es tout seul ? »

« Ben t’es tout seul ? »
C’est un peu la question qui m’a toujours dérangé en étant en couple. Comme si l’un n’allait pas sans l’autre. Que ma présence était validée uniquement par elle.

« Ben t’es tout seul ? »
Oui, et ça risque de durer. On est plus ensemble. Incrédulité dans le regard de l’interrogateur. L’impression d’avoir fait une énorme boulette. Et moi, dans mon rôle, qui essaye de ne pas créer de malaise : « Non mais c’est pas grave hein, ça arrive… »

Plus aucune question.
Revoir nos potes en commun et ne plus parler d’elle. Le sujet est devenu tabou. Ils ont acceptés qu’elle et moi sommes désormais deux personnes à part entière.