—117 : Ne gâche pas tout

« S’il te plaît, ne gâche pas tout ! »
C’est par ces mots qu’elle m’a mis K.O.

Je me suis soudain rendu compte de la fragilité de l’instant. Un mot, un geste, une seconde, et tout peut disparaître.

J’aurais aimé lui dire qu’elle me mettait une pression énorme d’un coup. Si elle en était arrivée à me dire ça, c’est qu’on était plus proche d’un mauvais basculement que d’une stabilité à toute épreuve.

J’aurais aimé lui dire que la réciproque était vraie. Pourquoi devrais-je être le seul à pouvoir tout foutre en l’air.

J’aurais aimé lui dire que je ne l’avais vu venir.

Mais je n’ai rien dit.
Parce que je n’y ai pas pensé.

—116 : Questions à choix multiples

Encore un de ces moments où je me demande si ce n’est pas plus dur de ne plus être avec elle que l’inverse…

Rester le même, c’est se rendre compte qu’elle m’aimait pour certains détails. Et espérer son retour.

Changer, c’est se dire que je fais ça pour l’oublier, la blesser, la faire réagir. Et ne plus,trop savoir qui je suis.

Elle me manque.

—115 : « Je ne t’aime pas » / « Moi non plus »

Fourbe qu’elle est…
Les années passent, les phrases changent, l’idée reste la même.

« Je ne veux pas perdre ton amitié »

Ne pas craquer.
Ne pas craquer.
Sourire.

« Moi non plus »

Sauf que l’un n’empêche pas l’autre.

—114 : Suis moi, je te fuis… Etc…

En spectateur privilégié de ma propre vie, je remarque surtout que je suis extrêmement doué pour faire de mauvais choix.

Au moment où je devrais me battre pour elle, je baisse les bras.
Je me persuade que c’est pour le bien de tous, et des mois après, je réalise mon erreur.

Par contre, alors que la logique voudrait que je marche en regardant devant moi sans me retourner, je reste là, fier de lui montrer que de me rejeter 10 fois ne suffit pas et que j’arriverais à lui prouver qu’on est fait pour être emsemble, elle et moi.

J’ai déjà dû dire quelque part que parfois, je me mettais intentionnellement dans des situations complexes pour me sentir vivant : c’est indécent comme c’est évident.

—112 : I don’t like U, I love her

Je me souviens que j’ai un cœur quand celui-ci va mal, très mal…

Nous étions ensemble, comme souvent.
Elle allait le rejoindre.
Nous l’accompagnons.

Impossible pour moi de raisonner correctement.
Situation compliquée comme jamais.
As usual.

Tout ce que je sais, c’est que je ne voulais pas y aller. Je ne voulais pas le connaître. Pas le voir. Et surtout, ne pas lui donner cette fille que j’aime encore.

Mais que faire d’autre ?
Nous sommes amis, n’est-ce pas ?

J’aurais pu en vouloir à la terre entière de ne pas me soutenir dans cette non-acceptation de la réalité.

Et puis ce mec…
Sorti de nulle part.
Je l’aime pas.
Je ne le connais pas mais je ne l’aime pas.

En fait… Je suis jaloux.
Et ça fait mal.

—110 : Jusqu’à ce que la mort n’arrange rien…

Ne pas réfléchir, écrire les choses comme elles viennent, sinon, elles ne sortiront jamais.

Je n’ai jamais parlé de sexe ici. Parce que le sujet est délicat. Et qu’il ne rentre pas dans « la ligne éditoriale » de cet espace.

Je n’ai jamais parlé de la mort non plus. Parce que c’est un sujet tabou.
Pourtant, à plusieurs reprises, j’ai voulu mourir à cause d’elle.

C’est bizarre, cette autocensure autour de ces pensées morbides.
En vouloir à l’autre, l’insulter, lui souhaiter du mal, à la rigueur, on l’accepte. On se dit que c’est la douleur qui parle, qu’il y a deux personnes dans le véhicule et que ce n’est pas nous au volant.

Mais vouloir se faire du mal à soi-même n’est pas envisageable.
Il ne faut surtout pas y penser.
Il ne faut surtout pas en parler.
Sujet tabou.

Et pourtant…
Dans ces moments où la pénombre fait partie de notre quotidien, on se dit qu’on n’est pas forcément le seul à avoir eu cette idée de mettre un point final à une histoire qui, selon l’autre, n’existe plus.

Surtout qu’égoïstement, cet acte soit-disant libérateur serait aussi l’ultime façon de blesser l’autre. Je comprends que l’image puisse être séduisante.

Comprenons-nous bien, je ne parle pas au présent.
Mais l’idée m’a traversé l’esprit.

—109 : Une histoire d’hommes

Je fais ce que je peux pour ne pas lui ressembler.
Et même quand je suis beaucoup plus que borderline, je me répète que lui et moi, on est pas pareils.

En même temps, j’en sais rien, je ne connais que l’histoire que j’ai bien voulu me raconter à son sujet.
Je ne sais rien de lui.

Il n’empêche… Dans ces moments où je me comporte comme le premier connard venu, j’embarque avec moi ce sentiment de culpabilité qui me pousse à chercher au fond de moi une ou plusieurs bonnes raisons pour justifier mon acte.

Entre le noir et le blanc, je joue avec les nuances de gris.

—107 : La main dans le sac

« Tu peux venir deux secondes ? »
Bien sûr.

« C’est quoi ça ? »
Ça, c’est ce qui va signer la fin de mon histoire avec elle.

J’ai toujours du mal à revivre ce moment.
Tout d’abord parce qu’il est douloureux.
Ensuite parce que j’en suis responsable.
Mais aussi parce qu’une partie de moi est persuadée que rien n’est jamais aussi simple.

J’assume mes fautes.
Toutes. Quand elles existent.
Mais ce qui me semble important, c’est pourquoi j’en suis arrivé là.

Manque de compréhension.
Manque de discussion.
Manque d’amour.
Facilité.
Mes propres démons.

J’aurais aimé que les choses se passent autrement.
J’aurais aimé tellement de choses.

—106 : Je ne t’aime plus

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une malheureuse facilité à tomber amoureux et une impressionnante difficulté à ne plus l’être !

Du coup, c’est toujours elle qui dit « Je ne t’aime plus » la première…

En fait, c’est un concept qui m’échappe encore un peu.
Je me connais un peu, j’arrive à reconnaître les signes d’un amour naissant en moi.
Mais l’inverse, ça ne me dit rien.

Bien sûr, ça ne veut pas dire que je suis aveugle ou stupide. Parfois, un peu avant la fin, elle me gonfle, m’emmerde, me fait me poser de sérieuses questions.
Mais je l’aime toujours.
Même quand une autre squatte un bout de mon temps et ma tête.

L’un n’empêche pas l’autre.
Faut que je travaille sur ce point.

Du coup, pour ne plus l’aimer quand elle me quitte, ça me prends du temps. Juste du temps.
Je peux essayer de me forcer à penser à elle sous un angle négatife ou, plus vicieux, « penser à ne plus penser à elle« , rien y fait : c’est le temps qui fait tout.

Le temps ET la suivante.

—104 : Toi

Parce que elle, c’est toi, je vais devoir faire attention à mes mots. Plus que d’habitude.

Je ne peux pas te donner d’indices. Je ne peux pas te dire que je me souviens parfaitement de ta tenue ce jour là. Ni te parler de tes petites phrases. Je ne peux rien faire d’autre que de te mentir en fait.

En même temps, je commence à en avoir l’habitude.
Je te donne l’image que tu attends de moi.
Et pendant ce temps là, je m’épuise à espérer un twist final.

Plus je te vois heureuse sans moi, plus je t’en veux.
Plus je t’en veux, plus je me dis que je devrais ouvrir ma gueule.
Plus je la ferme, plus je m’en veux.
Plus je te vois heureuse sans moi, plus je m’en veux.