—49 : Oui mais non

La voir passer en une seconde des larmes au rire.
Ne pas comprendre pourquoi.
Réfléchir.
Ne pas remarquer qu’elle s’éloigne.

MERDE.

Je viens de comprendre.
Elle a mal interprété mes propos. Elle vient de s’enthousiasmer sur une incompréhension.
Que faire ?
De toute façon, elle n’est plus là.

J’ai tout le temps de faire le point.

Si je lui dis qu’elle s’est complétement plantée dans l’interprétation de mes mots, je la fais souffrir. Une fois de plus. Et je serais donc reparti pour un cycle où je la réconforte, qu’elle s’imagine des choses, et qu’elle me fasse une nouvelle déclaration… Je commence à le connaître ce cycle.

Si je ne dis rien, je me mens à moi-même. Bien que je trouve cela excessif, je pense que j’ai envie de la jouer « sens du sacrifice ». On ne pourra jamais dire que je ne suis pas un mec gentil en sachant ce que je suis capable de faire pour éviter de blesser les gens.

Mon raisonnement est bancal, mais au moins, il existe…
Pourquoi a t-il fallu qu’elle comprenne mal ce que je lui disais ?

—45 : Évidence

Elle. Moi.
Un moment très rapide de silence entre deux grands instants de « n’importe quoi ».

Dans cette seconde de rien, j’y vois plus clair.
Notre rencontre hasardeuse, les événements douloureux qui ont conduit à notre première discussion heureuse, les messages ambiguës… Il y a une suite logique là-dedans.

« Un jour, toi et moi, on sortira ensemble ».
La phrase est sortie toute seule. Pas le temps de me rendre compte que ça pouvait faire prétentieux de ma part. Mais j’étais sûr de moi, moi qui pourtant n’aime pas les évidences.

Aucune arrogance de ma part. C’est presque comme si mon cerveau avait pris le contrôle pour nous faire comprendre, à elle et à moi, que la route était déjà tracée.

Je ne cherche pas à connaître sa réaction.
Ça arrivera.
Tôt ou tard.

—44 : Tout ou rien

« Je préfère vivre quelques minutes de bonheur avec toi et souffrir ensuite que de ne rien vivre du tout« .

C’est la première fois que j’arrivais à trouver les mots pour exprimer ce que j’avais toujours pensé depuis le début. Et il a fallu que je lui dise à elle.
Bien sûr, je le pensais. À 200%.

De même, cette déclaration n’était pas une phrase toute faite pour la rendre amoureuse de moi.
Non, en fait, c’était simplement un message de prévention, car je me doutais bien que cette histoire se terminerait mal.

Mais voilà, grâce à elle, j’allais ouvrir les yeux sur ma façon de vivre mes relations.

—42 : D’abord… Ensuite… Enfin…

D’abord… un bar.
Un lieu agréable, un fauteuil confortable, et elle, toujours aussi souriante.
Des mois qu’on se croise, qu’on se parle, qu’on rigole, mais que je ne la connais pas. Ce soir, enfin, je la découvre.

Ensuite… une balade.
Elle me fait découvrir sa ville. Je ne le sais pas encore, mais je retiendrais tous ces lieux, tous ces détails.
On décide de se poser près de l’eau, au soleil. On se livre, on partage nos expériences. Je tombe vraiment sous le charme.
Un mec vient nous déranger. Il nous fait des tours de magie. Je ne veux pas qu’il reste, mais il rend cet instant encore plus improbable…

Enfin… la séparation.
La soirée se termine. Nous devons repartir chacun de notre côté.
Une bise. Un sourire. Et demain sera un autre jour.

Non.
Je ne peux / veux pas qu’on se quitte comme ça.
Me voilà entrain de faire demi-tour, à courir pour la rattraper dans le métro.
Elle se retourne enfin, l’air surprise…

Je lui dis que j’ai trouvé ce moment tellement unique que je dois lui dire. Et que je ne sais pas si dois l’embrasser maintenant, même si il est évident que l’occasion ne se représentera pas.
Je lui dis que j’en ai envie.
Je lui dis que je n’ose pas.

On est là, l’un en face de l’autre, sur ce quai, à se regarder dans les yeux.
Il peut se passer n’importe quoi à partir de cet instant, je ne me souviendrais que de ces derniers secondes. Mélange de bordel et de calme dans ma tête.

Le métro arrive, on ne se lâche pas du regard.
On doute.
Elle monte.
Je lui souris.
Le métro démarre, l’éloigne de moi.
Je rentre de mon côté.

Tout se passe dans les détails.

—37 : Même train. Différentes directions.

Tous les deux dans le train. Conscient de nos conneries.
On en rigole.

Nous nous savons totalement irrécupérables.
L’un comme l’autre, nous allons vers l’inconnu(e).

J’aime bien partager ces moments là avec elle.

—36 : Message personnel

« Je ne sais pas vraiment quoi écrire, mais je pense que ce qui va suivre résume bien ce que je pense de toi :

Je t’aime !« 

Ses mots.
Son écriture.

—33 : Au revoir ?

Dans le métro avec elle. La soirée était bien sympathique.
Dans quelques arrêts, on passera de nouveau à autre chose.

Elle ira le rejoindre.

Le métro commence à freiner. Je la regarde. J’aime vraiment ses yeux.
Il y a comme un parfum d’évidence.

On se fixe. L’un de nous deux dit « Bon, ben au revoir ». L’autre y répond.
On ne bouge pas.
Il manque quelque chose.

Les portes s’ouvrent.
On échange un baiser.

Elle s’en va.
Les portes se ferment.
J’ai le sourire.

Pendant les quelques mètres où je peux encore la voir, je me demande combien de temps elle pensera encore à cet instant avant de le cacher dans un coin de sa tête.

—32 : Paris par elles

Je devrais faire une carte de Paris des lieux qui me rappellent des souvenirs avec elles.

Un premier baiser ici.
Une dispute là.
Une rupture dans ce parc.

Il doit bien rester des endroits neutres…

—31 : Elle > Moi > Elle

Cette situation n’a aucun sens.
Un vrai triangle amoureux.

Mercredi après-midi.

Elle m’aime mais je ne l’aime pas.
Je l’aime mais je ne peux pas lui dire maintenant.

Des semaines que ça dure.
Je trouve ça drôle.
Je trouve ça triste.
Je trouve ça pathétique.

On essaye tous de forcer le destin comme on peut.

—29 : Des fleurs ?

Il y a des moments comme ça…

Je l’attendais, comme avant. Un sentiment bizarre, compte tenu de la situation.
Je la cherchais du regard à travers la foule, mais jamais trop longtemps, qu’elle ne s’amuse pas de mon impatience si jamais elle me regardait au loin.

Se voir ce jour-là n’avait rien d’anodin. Mais il fallait faire semblant. Ne pas s’attendre à autre chose qu’un instant normal pour ne pas tomber de trop haut.

Elle arrive. Elle a des fleurs.
Je fais semblant de ne pas le remarquer.

Plusieurs fois, je lui avais fait comprendre que je n’étais pas contre l’idée de recevoir des fleurs moi aussi. Cœur de midinette inside.

Elle s’approche. Si ça se trouve, ce bouquet n’était pas pour moi, mais pour elle. Venant de quelqu’un d’autre. Aïe.

Pause.

Elle me tend le bouquet. Je la remercie. Je ne sais plus où me mettre.
On s’embrasse. Ça me manquait. Vraiment.