—39 : En fait, je m’en fous…

Aujourd’hui encore, j’y repense, et je ne réalise pas.
L’effet d’une bombe… et d’un pétard mouillé.

Avant même cette annonce, je m’étais déjà préparé à cette éventualité.
Elle tourne un peu autour du pot, mais je sais ce qu’elle va me dire.

Je lui demande ouvertement. Elle minimise. Je pense qu’elle ment.

J’ai mal au coeur. Je me sens trahi.
Le pire, c’est qu’elle tente de me dire que c’est aussi un peu de ma faute.
Je n’ai plus trop envie de lui parler là.
Et j’ai sommeil.

Quelle idée de me dire ça alors qu’on est au lit ?
Elle continue de s’expliquer sur ses raisons, mais je ne l’écoute plus.
Alors que ce n’est pas une bonne idée, j’essaye d’imaginer ce qui a bien pu se passer.
Quand ? Où ? Qui est-il exactement ?

Je m’endors.
Je lui fais la gueule.
Mais en fait, je m’en fous. Demain, j’aurais déjà oublié.

—38 : Sans elle

Il y a des claques qui font du bien.
Je me pensais fort. J’allais apprendre que non.

Elle était partie en famille. Et aucunes nouvelles. Pas vraiment son genre.

D’abord, une petite gêne. L’idée de ne pas savoir si elle allait bien, de ne pas pouvoire entendre sa voix.
Puis quelques blagues avec les amis. Pour me rassurer. J’essaye de ne pas m’inquiéter.
Arrivent les vrais doutes, qui se transforment en peur.

Son absence sonnait comme une déchirure. J’avais la boule au ventre à l’idée de l’avoir perdue. Irrationnel à chaque minute.

Enfin son appel.
Je l’engueule : « Plus jamais tu me fais ça !« .
Elle ne comprend pas. J’entends même son sourire. Elle se dit surement que je l’aime en fait.
Et elle a raison.

—37 : Même train. Différentes directions.

Tous les deux dans le train. Conscient de nos conneries.
On en rigole.

Nous nous savons totalement irrécupérables.
L’un comme l’autre, nous allons vers l’inconnu(e).

J’aime bien partager ces moments là avec elle.

—36 : Message personnel

« Je ne sais pas vraiment quoi écrire, mais je pense que ce qui va suivre résume bien ce que je pense de toi :

Je t’aime !« 

Ses mots.
Son écriture.

—35 : Elle panique

Tout se passait tellement bien quelques secondes avant. Là, il n’y a pas de doute, elle panique.

J’essaye de garder mon calme.

À l’intérieur, je stresse autant qu’elle, peut-être plus, mais j’essaye de sauver les apparences. Comme d’habitude.

Elle pleure. Je lui souris.
Je lui fais la promesse d’être là, quoiqu’il arrive.
Je le pense vraiment. Mais je sais surtout que dans quelques jours, elle passera à autre chose, à quelqu’un d’autre… Cette histoire n’a aucun sens depuis le début.

Je me persuade que si. Je me pense différent. Je crois réellement que sa via va basculer avec moi.

Je ne devrais pas, je sais.

Elle ne pleure plus. Elle a décidé de me croire.
Et dès demain, elle commencera à me fuir. Si seulement je pouvais ne pas en être conscient.

—34 : « Ben t’es tout seul ? »

« Ben t’es tout seul ? »
C’est un peu la question qui m’a toujours dérangé en étant en couple. Comme si l’un n’allait pas sans l’autre. Que ma présence était validée uniquement par elle.

« Ben t’es tout seul ? »
Oui, et ça risque de durer. On est plus ensemble. Incrédulité dans le regard de l’interrogateur. L’impression d’avoir fait une énorme boulette. Et moi, dans mon rôle, qui essaye de ne pas créer de malaise : « Non mais c’est pas grave hein, ça arrive… »

Plus aucune question.
Revoir nos potes en commun et ne plus parler d’elle. Le sujet est devenu tabou. Ils ont acceptés qu’elle et moi sommes désormais deux personnes à part entière.

—33 : Au revoir ?

Dans le métro avec elle. La soirée était bien sympathique.
Dans quelques arrêts, on passera de nouveau à autre chose.

Elle ira le rejoindre.

Le métro commence à freiner. Je la regarde. J’aime vraiment ses yeux.
Il y a comme un parfum d’évidence.

On se fixe. L’un de nous deux dit « Bon, ben au revoir ». L’autre y répond.
On ne bouge pas.
Il manque quelque chose.

Les portes s’ouvrent.
On échange un baiser.

Elle s’en va.
Les portes se ferment.
J’ai le sourire.

Pendant les quelques mètres où je peux encore la voir, je me demande combien de temps elle pensera encore à cet instant avant de le cacher dans un coin de sa tête.

—32 : Paris par elles

Je devrais faire une carte de Paris des lieux qui me rappellent des souvenirs avec elles.

Un premier baiser ici.
Une dispute là.
Une rupture dans ce parc.

Il doit bien rester des endroits neutres…

—31 : Elle > Moi > Elle

Cette situation n’a aucun sens.
Un vrai triangle amoureux.

Mercredi après-midi.

Elle m’aime mais je ne l’aime pas.
Je l’aime mais je ne peux pas lui dire maintenant.

Des semaines que ça dure.
Je trouve ça drôle.
Je trouve ça triste.
Je trouve ça pathétique.

On essaye tous de forcer le destin comme on peut.

—30 : Le ridicule d’une rupture

Demain, ce n’est pas n’importe quel jour. Du coup, les souvenirs remontent.
Envie de pleurer, envie de gueuler, envie que ça se termine.

Pourtant, normalement, ça devrait aller. Je commence à avoir l’habitude.
Je devrais avoir de l’expérience dans ce domaine. Rompre.

Et non, cette fois, ça fait encore plus mal. J’accumule en fait.
Je pensais qu’avec le temps et les filles, j’arriverais à faire la part des choses, en me persuadant que de toute façon, ça ira mieux demain.

Mais après-demain ? Je pense que je n’ai plus la force de m’appuyer uniquement sur les moments heureux.

Elle le savait. Je lui avais dit que depuis un long moment, je ne vivais pas : je survivais.
Mais j’avais confiance en elle.
Je pensais qu’avec elle, je pouvais me sentir en sécurité.

Aujourd’hui, elle n’est plus là. Je survis seul. Je ne sais pas si j’ai encore envie de croire qu’une personne pourra comprendre à quel point je souffre de ne pas être entendu.

Bien avant ça.

Je me revois chez le médecin. Il me demande si j’ai besoin de prendre quelque chose pour dormir.
Je ne sais pas quoi lui répondre.

Si je lui dis que non, j’aurais l’impression de ne pas être normal. Pourquoi serais-je le seul à ne pas sombrer ?

Si je lui dis oui, je devrais faire face à cette absence et l’accepter.

Je les vois tous autour de moi, entrain de pleurer. Moi, je suis juste sous le choc. Trois jours que je suis dans cet état.

Je préfère donc lui dire que oui, des médicaments ne seraient pas un luxe. Ça me semble être la bonne réponse. Mais je ne les prendrais pas.

Cette fois-ci, l’absence est plus compliquée à gérer. Parce qu’elle n’est pas définitive. À tout moment, elle peut réapparaître dans ma vie. Sincèrement, je le souhaite autant que je le redoute.

Rompre, en fait, c’est comme cracher sur les promesses qu’on a pu se faire.