Demain, ce n’est pas n’importe quel jour. Du coup, les souvenirs remontent.
Envie de pleurer, envie de gueuler, envie que ça se termine.
Pourtant, normalement, ça devrait aller. Je commence à avoir l’habitude.
Je devrais avoir de l’expérience dans ce domaine. Rompre.
Et non, cette fois, ça fait encore plus mal. J’accumule en fait.
Je pensais qu’avec le temps et les filles, j’arriverais à faire la part des choses, en me persuadant que de toute façon, ça ira mieux demain.
Mais après-demain ? Je pense que je n’ai plus la force de m’appuyer uniquement sur les moments heureux.
Elle le savait. Je lui avais dit que depuis un long moment, je ne vivais pas : je survivais.
Mais j’avais confiance en elle.
Je pensais qu’avec elle, je pouvais me sentir en sécurité.
Aujourd’hui, elle n’est plus là. Je survis seul. Je ne sais pas si j’ai encore envie de croire qu’une personne pourra comprendre à quel point je souffre de ne pas être entendu.
…
Bien avant ça.
Je me revois chez le médecin. Il me demande si j’ai besoin de prendre quelque chose pour dormir.
Je ne sais pas quoi lui répondre.
Si je lui dis que non, j’aurais l’impression de ne pas être normal. Pourquoi serais-je le seul à ne pas sombrer ?
Si je lui dis oui, je devrais faire face à cette absence et l’accepter.
Je les vois tous autour de moi, entrain de pleurer. Moi, je suis juste sous le choc. Trois jours que je suis dans cet état.
Je préfère donc lui dire que oui, des médicaments ne seraient pas un luxe. Ça me semble être la bonne réponse. Mais je ne les prendrais pas.
…
Cette fois-ci, l’absence est plus compliquée à gérer. Parce qu’elle n’est pas définitive. À tout moment, elle peut réapparaître dans ma vie. Sincèrement, je le souhaite autant que je le redoute.
Rompre, en fait, c’est comme cracher sur les promesses qu’on a pu se faire.