La regarder.
Faire comme si de rien était.
N’avoir qu’une seule idée en tête : lui dire que tout ça, c’est des conneries, que je l’aime et qu’on devrait ensemble.
Je ne sais pas à quel moment j’ai appris à faire semblant.
Mais c’est dingue comment je le fais bien.
Parfois, même moi, j’y crois.
Quand elle est là, je n’ose pas. Je suis dans mon rôle, je joue ma partition comme un petit virtuose. J’improvise à m’en fatiguer le coeur.
Quand je rigole avec elle, j’ai aussi envie de pleurer parce qu’elle ne sait pas tout le bien que je nous lui souhaite. J’en fais des tonnes pour trouver un moyen de substitution, mais y’a vraiment pas d’équivalent à l’amour que je lui porte.
Quand elle n’est pas là, je réfléchis. Trop.
Je me dis que je suis forcement une personne bien, parce que je me sacrifie pour ne pas être égoïste.
Je me dis qu’un jour ou l’autre, la vérité éclatera et on se rendra compte que même les deux genoux à terre, j’ai tout fait pour privilégier l’autre avant ma petite personne.
Le problème, c’est que je ne sais pas à quoi ça sert. Si encore, je me disais que mes efforts seraient forcement récompensés à la fin de l’histoire, je continuerai sur la lancée le coeur léger. Mais non, je n’oublie jamais que si ça se trouve, je fais tout ça pour rien. La fierté personnelle, c’est du vent…
