Parfois, j’extrapole.
Les heures se transforment en jours, les jours en semaines, et ainsi de suite…
Nous étions des larves. Il y a plus glamour comme image, je sais.
Tous dans cette chambre, à manger et regarder encore et encore les mêmes DVD, écouter les mêmes disques, lire les mêmes BDs. C’était juste génial.
Une sorte de Woodstock sans alcool, sans drogue, sans sexe et sans Jimmy Hendrix.
Elle et moi, nous étions dans notre coin, dans notre bulle.
Je me souviens qu’elle était dans mes bras, et je pouvais sentir sa peau sous mes doigts.
On ne disait rien. Il ne fallait pas gâcher ce moment.
…
Et j’ai ouvert ma gueule. Impossible de ne pas savoir.
Sa réponse m’a étonné. Parce qu’elle se mentait à elle-même sans s’en rendre compte.
N’empêche, une fois la bulle éclatée, Woodstock n’existait plus.
Dommage.
Je m’en souviens.
Pas elle.
