L’art de faire des parallèles bizarres.
On dit que « faire du vélo », ça ne s’oublie pas.
J’ai appris à faire du vélo derrière chez moi, un soir sur un parking avec mon frère. Je me souviens de l’appréhension de ne plus avoir les petites roues pour me faire comprendre qu’il n’allait rien m’arriver de grave.
J’ai appris à faire du vélo sans les mains plusieurs années après. La même peur au début, la même satisfaction ensuite. Une liberté en plus.
Bref. Je sais faire du vélo.
…
Mais je ne sais toujours pas comment lui plaire.
Pourtant, j’ai eu l’occasion de m’entrainer. D’avoir peur, de tomber, de me promettre que plus jamais je ne retenterais l’expérience. Puis d’y aller quand même, de sentir qu’une fois lancé, tout devient plus simple.
Elle est là. Je pense la connaître. Je pense savoir ce que je fais.
Puis elle m’intimide en étant juste elle-même.
Voilà, c’est clair, je ne sais vraiment pas comment lui plaire.
Une fois, je m’éloigne, pour lui faire comprendre que je lui laisse de l’espace. Et que je suis autonome.
Mais l’autre fois, je me rapproche vite, parce que c’est sa présence que je veux sentir. Et pour qu’elle ne s’habitue pas trop à mon absence.
Elle : « Il y a beaucoup trop de monde aujourd’hui. »
Pour nous faufiler dans cette foule, je veux lui tenir la main et nous sortir de là. Syndrome du héros, comme l’autre elle le dit.
Mais j’ai peur de sa réaction.
Donc je lui prends le bras. Avec la main. Le geste pas du tout naturel.
Je le sais. Et je me demande si elle le sait aussi.
Mais je comprends surtout que quoiqu’il arrive, j’aurais toujours besoin des petites roues pour ce genre de moments.
