—108 : A Crash Moment

Premier acte.

Je suis avec elle, dans sa ville, heureux.
Je suis complétement dépendant d’elle, de l’amour que je lui porte, de tout.
Elle transforme radicalement la personne que je suis.

Nous sommes donc ensemble, l’un en face de l’autre.
Je la regarde. J’enregistre le maximum d’images d’elle parce que bientôt, on sera de nouveau loin l’un de l’autre.
Beaucoup de bruits autour de nous, mais on ne se parle pas.
Les silences qui ne gênent pas, comme le dira plus tard Clementine dans « Eternal Sunshine ».

Je tourne la tête, le monde continue de tourner.
Je me fais la réflexion que les hasards de la vie font que les passants se croisent sous mes yeux.
Si ce mec s’était réveillé une seconde plus tard ce matin, il n’aurait pas bousculer cette fille par inadvertance, et je ne l’aurais pas remarqué. Et je peux appliquer cette règle à toute ma vie.
À une seconde près, j’aurais pu la rater elle.

Second acte.

Des mois qu’elle me parlait de ce film.
Collision. (Crash en V.O.).
L’histoire d’une foule de personnages qui ne se connaissent pas au début du film, qui ne se connaîtront toujours pas à la fin, mais dont on verra l’influence qu’ils auront les uns sur les autres, comme un témoin privilégié du fil du « destin ».
Le film n’est pas réellement triste, mais il dégage une certaine forme de mélancolie.
Après les 1h48 du film, je suis en larmes.
Et je la remercie de m’avoir montré ce film.
Elle a bien fait d’insister.
Et je ressens comme un écho.

Troisième acte.

Si je ne l’avais pas connu lui, je ne l’aurais pas connu elle.
Si je ne l’avais pas connu elle, je ne l’aurais pas connu elle non plus.
Et si je ne l’avais pas connu elle, je ne serais pas entrain de l’écouter dans ce restaurant.

Des années qu’on se croise, qu’on se perd de vue, qu’on se retrouve par hasard, etc.
Elle me fait le point sur sa vie, ses deceptions sentimentales, ses envies,…
Pour une raison particulière, elle me parle de ce groupe musical. Ce n’était pas la première fois que ce nom revenait sur le tapis, mais pour une fois, je comprenais mieux.
J’hésite à l’écouter.
Peut-être plus tard.

Quatrième acte.

Elle va se coucher.
Avant d’aller dans son lit, un ultime message : « Si tu veux penser à moi, tu peux écouter… » avec une liste pas trop longue de chansons.
Dedans, l’album d’un groupe dont je connais très bien le nom malgré moi.
Ça me fait sourire.

Je me dis que les hasards n’existent pas.
À une seconde près, je n’aurais jamais écrit toutes ces lignes.

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