On était tous dans la chambre, à ranger nos affaires.
Soudain, quelqu’un débarque pour nous prévenir : « Elle est entrain de pleurer, je crois qu’ils ont rompu ».
Bon, en même temps, ça faisait quoi ? Deux, trois semaines qu’ils étaient ensemble ?
Ça faisait bien des mois qu’elle me hantait. Tout le monde souffre maintenant.
Mais cette information doit rester secrète. Personne ne doit savoir les sentiments que j’ai pour elle.
Tout le monde parle, analyse, donne son avis sur la question. On étudie le pourquoi, le côté inévitable de la situation, tout y passe.
Pour faire le malin et pour brouiller les pistes, je gueule en disant que son ex était un gros connard, et que je lui casserai bien la gueule.
Et je donne un coup de poing dans le mur.
Un faux.
Genre « j’suis revolté ».
Mais assez fort pour que tout le monde puisse y croire.
Assez fort pour que je puisse avoir mal en fait.
Quel con.
L’un des spectateurs me fixe. Je fais de même.
Il doit croire à mon coup de sang.
Il me dit : « En même temps, toi, tu l’aimes ».
J’essaye de nier. Trop tard.
Tout le monde me regarde entrain de me décomposer de honte.
Depuis, quand je mens, je fais beaucoup plus attention.
