—32 : Paris par elles

Je devrais faire une carte de Paris des lieux qui me rappellent des souvenirs avec elles.

Un premier baiser ici.
Une dispute là.
Une rupture dans ce parc.

Il doit bien rester des endroits neutres…

—31 : Elle > Moi > Elle

Cette situation n’a aucun sens.
Un vrai triangle amoureux.

Mercredi après-midi.

Elle m’aime mais je ne l’aime pas.
Je l’aime mais je ne peux pas lui dire maintenant.

Des semaines que ça dure.
Je trouve ça drôle.
Je trouve ça triste.
Je trouve ça pathétique.

On essaye tous de forcer le destin comme on peut.

—30 : Le ridicule d’une rupture

Demain, ce n’est pas n’importe quel jour. Du coup, les souvenirs remontent.
Envie de pleurer, envie de gueuler, envie que ça se termine.

Pourtant, normalement, ça devrait aller. Je commence à avoir l’habitude.
Je devrais avoir de l’expérience dans ce domaine. Rompre.

Et non, cette fois, ça fait encore plus mal. J’accumule en fait.
Je pensais qu’avec le temps et les filles, j’arriverais à faire la part des choses, en me persuadant que de toute façon, ça ira mieux demain.

Mais après-demain ? Je pense que je n’ai plus la force de m’appuyer uniquement sur les moments heureux.

Elle le savait. Je lui avais dit que depuis un long moment, je ne vivais pas : je survivais.
Mais j’avais confiance en elle.
Je pensais qu’avec elle, je pouvais me sentir en sécurité.

Aujourd’hui, elle n’est plus là. Je survis seul. Je ne sais pas si j’ai encore envie de croire qu’une personne pourra comprendre à quel point je souffre de ne pas être entendu.

Bien avant ça.

Je me revois chez le médecin. Il me demande si j’ai besoin de prendre quelque chose pour dormir.
Je ne sais pas quoi lui répondre.

Si je lui dis que non, j’aurais l’impression de ne pas être normal. Pourquoi serais-je le seul à ne pas sombrer ?

Si je lui dis oui, je devrais faire face à cette absence et l’accepter.

Je les vois tous autour de moi, entrain de pleurer. Moi, je suis juste sous le choc. Trois jours que je suis dans cet état.

Je préfère donc lui dire que oui, des médicaments ne seraient pas un luxe. Ça me semble être la bonne réponse. Mais je ne les prendrais pas.

Cette fois-ci, l’absence est plus compliquée à gérer. Parce qu’elle n’est pas définitive. À tout moment, elle peut réapparaître dans ma vie. Sincèrement, je le souhaite autant que je le redoute.

Rompre, en fait, c’est comme cracher sur les promesses qu’on a pu se faire.

—28 : À la fenêtre

Je me sens honteux. Mettre fin à une histoire parce qu’on a plus le droit de sortir, c’est quand même difficile à accepter.

Je reste donc à la fenêtre pour la regarder. Je la vois se rapprocher de lui. Je la vois m’oublier. Et je ne peux pas lui en vouloir.

J’en veux juste à la terre entière.

—25 : L’attente

« Je suis juste à côté du Louvre. J’ai besoin de te voir. Je t’y attendrais pendant une heure ».
En lui envoyant ce message, je sais très bien qu’elle est avec lui.

Elle me manque. Notre relation, notre complicité, nos divergences… Je ne sais pas faire sans elle.

Il fait nuit.
Il fait froid.
Je sais qu’elle ne viendra pas.
Mais je l’attends quand même.

J’espère tellement la voir arriver au loin que l’image me semble réelle.

Je repense à ces moments qu’on a passé ensemble. Et je l’imagine vivre d’autres choses avec lui. Je compare. Je ne devrais pas.

Deux heures que j’ai envoyé le message, et toujours pas de réponses. Je deviens fou parce qu’évidemment, je suis seul et qu’ils sont ensemble. Pourquoi lui ? Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ?

Je décide de lui envoyer un dernier message : « Je rentre. Appelle moi si tu dors chez toi. »

Pas de messages.
Elle me manque vraiment.

—24 : Culpabilité

Dans cette histoire, elles sont deux. Suivez bien.

Je regarde la première. Elle s’amuse bien.
Je suis trop timide pour lui dire ouvertement qu’elle me plaît. Mais je pense qu’elle l’a bien compris.

Il y a quelques mètres entre nous, c’est à dire un fossé infranchissable. Elle s’amuse avec les autres, donc elle s’amuse sans moi. Je voudrais juste rire avec elle. Pas plus, pas moins.

La musique se fait plus forte. Tout le monde danse autour de nous. Je me dis que je la fixe peut-être un peu trop.

La seconde entre en action.

Elle s’approche de moi sans que je m’en rende compte. Elle me demande si je veux danser.
Je crois que je ne la regarde même pas, mais je réponds d’un simple non.
Elle est déjà partie quand je retourne ma tête pour savoir de qui il s’agissait.

Tant pis.

Je replonge dans mes pensées en scrutant les faits et gestes de la première. Elle ne doit même pas savoir que je suis là.

Soudain, on m’appelle au fond de la salle. La seconde est en larmes, et on m’explique que c’est de ma faute.

La musique est trop forte, je ne comprends pas tout ce qui se passe. Mais je me sens coupable. Je comprends assez rapidement qu »elle s’est sentie ignorer. Bienvenue dans mon monde.

Je m’approche de la seconde, et lui explique à l’oreille le pourquoi de mon comportement. Je ne sais pas si c’est vraiment la meilleure chose à faire, mais j’ai besoin qu’elle sache que je n’ai rien contre elle.

Pour me faire pardonner, je lui demande de danser avec moi.
Elle refuse.
J’insiste.
Elle accepte.

C’est un slow. Je la sens se décomposer dans mes bras. Elle cache ses larmes en baissant la tête. Je lui ai vraiment fait mal. Sans le vouloir. Et malgré ça, je regarde la première au loin.

Je suis désolé.

—19 : Elle > Elle

On a beau ne pas aimer ça, on en arrive toujours à classer les personnes par catégories, par types, par ordre… et par conséquent, on en arrive à “celle” de référence.

Celle qui restera toujours là, dans un coin de la tête. Dans certains cas, on essaye de s’éloigner le plus possible de son schéma, dans les autres, on veut s’en rapprocher le plus possible, sans l’avouer à la prochaine, sans se l’avouer à soi-même.

Voilà pourquoi il est absurde de dire que je l’aimais. Je l’aime encore, parce qu’elle est toujours là.

—18 : Elle et lui

Autour de moi, les gens rigolent. Donc je les imite. C’est assez facile à faire en fait.
Je crois passer une bonne soirée, mais je sais que ce n’est pas le cas.

Il me dit que c’est à moi de jouer. Je sors de mes pensées, en espérant que personne n’a vu que j’avais eu un autre moment d’absence.

Je me lève, je me place devant la table, je me concentre… Ils arrivent tous les deux dans mon champ de vision, pile en face de moi.

Je ne réalise pas. C’est juste une blague. Ça doit être une blague. C’est pas possible autrement.
La scène est tellement dramatique que j’ai l’impression qu’elle a été écrite pour être jouer comme ça. L’angle est juste parfait, le timing impeccable. Si on voulait me faire mal ce soir là, ils ne pouvaient pas faire mieux.

Je ne sais pas combien de temps je suis resté à les fixer, le regard furieux, la bouche ouverte, mais il faut que je sorte maintenant. Pour le style, je gueule un peu dans le bar, je pousse des gens, il est hors de question de partir discrètement, ça serait beaucoup trop simple pour eux.

Je suis dehors. J’ai une montée d’adrénaline. Cette colère est saine en fait. Il faut que ça sorte.

Quelqu’un vient me rejoindre, me demande des explications.
Je m’exécute.

Pourquoi lui ? Non mais vraiment, pourquoi lui ?
Quelques jours avant, elle me disait que ça ne pouvait pas marcher entre nous, parce qu’on ne se connaissait pas en fait. Et lui, il débarque dans la journée, elle lui parle cinq minutes, et ils s’affichent déjà devant moi ? La foutue exception qui confirme la foutue règle ?

Pourtant, il sait. Dès son arrivée, je lui ai raconté toute l’histoire. Il sait qui elle est. Il connait notre histoire.

Non, c’est juste pas possible. Ils ont dû se mettre d’accord pour me cracher à la gueule et rire ensuite. Il faut que je rentre. Je ne peux pas rester là.

Le lendemain, l’ambiance est tendue.
Nous sommes tous sur la plage.
Tout le monde les félicite. Du coup, j’ai l’impression que tout le monde me plante un couteau dans le dos. Vous voyez pas que je souffre ?

Je fais bien la gueule. Je veux pourrir l’ambiance.
Mais pendant qu’ils affichent leur bonheur, je n’oublie pas que ma colère est déplacée. C’est un juste retour des choses, parce que j’en ai fait souffrir une autre.

Je n’ai que ce que je mérite en fait.

—17 : Le silence

Merde !
Merde, merde, merde, merde !
Pourquoi ce silence ?

On devrait être heureux non ? Ou alors, à défaut, on devrait commencer à l’être. C’est un peu comme ça que les histoires commencent, non ?

Je ne me souviens même plus si elle savait le sacrifice que je venais de faire pour qu’on puisse être ensemble. En tout cas, soyons honnête, elle et moi, ça ne colle pas.

Je viens de faire l’erreur de ma vie pour quelque chose qui n’avait pas lieu d’être. Non, je refuse, il faut que je me force, qu’elle se force, qu’on trouve une astuce, mais ça ne peut pas se terminer comme ça, pas en si peu de temps.

Il faut d’abord rompre ce silence. Et tant qu’à faire, avec autre chose qu’une banalité sur le temps ou sur l’envie de se baigner.

Je cherche. Je ne trouve pas. Au bout de dix minutes, j’abandonne.
« Ça colle pas, hein ? »

Je crois voir un soulagement chez elle. En tout cas, je pense avoir débloquer la situation malgré moi. On discute pendant quelques minutes, à se trouver des excuses, on en arrive à la conclusion que ce n’est la faute de personne.

C’est plus clair maintenant : je ne lui avais pas dit le sacrifice que j’avais fait quelques heures plus tôt pour qu’on puisse se retrouver là, à savoir comment rompre en douceur.

« On rentre ensemble ou tu veux y aller avant moi ? »
Je ne sais plus trop ce qu’elle a répondu. Moi, je me sentais juste très con à ce moment là.

—15 : Gordon Sanchez – Tout se dire

Je me suis toujours moqué des personnes qui faisait des déclarations à travers des chansons.
J’aurais mieux fait de me taire.

Gordon Sanchez – Tout se dire
En écoute sur Deezer

Puisqu’il faut tout se dire
On s’est trompés, c’est sûr,
À force de mentir,
On s’est tués à la dure.

Puisqu’il faut en parler,
Faire acte de bonne foi,
Non je n’ai pas aimé, tout de toi.

Puisqu’il faut tout écrire,
À plat sur le papier,
Pour gratter nos erreurs,
Pour en crever l’abcès.

Ton excès de cynisme,
Ma dévorante présence,
Rendaient plus pathétique,
Nos quotidiennes absences.

Comme une tâche d’encre,
Sur un papier très blanc.
Comme des tâches d’encre…

Et puis penser,
Comme des chiens,
Que tout ce mal s’efface en un revers de main,
Bien supposé,
Qu’on s’en tirera,
Sans les stigmates de nos sanglantes amours.

Puisqu’on peut tout se dire,
Désormais qu’on est frères,
Comme ami,
Comme rien,
Comme rencontrés d’hier,

Je n’aimais que les heures,
Où nos peaux en mission,
Recherchaient à tâtons leurs âmes sœurs.

Et il faut parler franc,
Car aujourd’hui sonne l’heure,
Des adieux déchirants,
Oubliés en un quart d’heure.

Nos grimaces et nos rires,
Les rictus de nos flammes,
Décliner au couteau,
Ta joue contre ma lame.

Comme une tâche d’encre,
Sur un papier très blanc.
Comme une tâche d’encre…

Et puis penser,
Comme des chiens,
Que tout ce mal s’efface en un revers de main,
Bien supposé,
Qu’on s’en tirera,
Sans les stigmates de nos sanglantes amours.

Comme il faudra en rire,
Regarder de plus loin,
Le meilleur et le pire,
De nos beaux jeux de mains.

Et puis oublier tout,
Comme on part en vacances,
Ne garder que dégoût,
Comme souvenirs de nos trances.

Je garderai de toi,
Le mal et le mauvais,
Les beuglements de voix,
Les silences avariés.

J’en garderai aussi,
Du mépris pour les femmes,

Décliner au couteau,
Ta joue contre ma lame.

Comme une tâche d’encre…
Comme une tâche d’encre…

Et puis penser,
Comme des chiens,
Que tout ce mal s’efface en un revers de main,
Bien supposé,
Qu’on s’en tirera,
Sans les stigmates de nos sanglantes amours.

Et puis penser,
Le temps en plus,
Que l’on ne se reverra plus.

Et puis penser,
Calme et sans joie,
Qu’on ne se reverra pas.

On ne se reverra pas…
Je ne te reverrais pas…
On ne se reverra pas.