—3 : Un point pour l’humour

« Dis moi que c’est une blague ! »
Ben crois-moi que là, j’aimerais bien te dire que oui.

On était tous les deux à quelques mètres l’un de l’autre. Je sentais que j’allais faire une connerie. De toute façon, il y avait 0% de chances (et encore, c’est loin de la vérité) que ça fonctionne. Mais voilà, j’ai fait comme d’habitude.

Normalement, j’aurais du fermer ma gueule. Faire le mec qui se place devant le tireur pour protéger la fille qu’il aime en secret, pour prendre la balle à sa place et avoir le privilège de la voir pleurer sa mort de héros. Ouais, voilà ce que quelqu’un de normal aurait fait.

Mais pas moi. Depuis un moment, je m’exprime. Parce que je n’ai pas envie de lui mentir sur ce point. Et parce que j’ai besoin de voir sa réaction.

« Dis moi que c’est une blague ! »
Ben non. Mais t’inquiète pas, je dis ça juste pour que tu le saches.

Vite. Dissipons ce malaise.
C’est dans ces moments là que je suis assez fier de mon sens de l’humour. Et donc, je tourne ma déclaration au ridicule. Je m’auto-fous de ma gueule. J’en rigole. J’ai pris Excalibur, je me la plante dans le ventre, je la tourne six fois dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, mais j’en rigole.

Je sais pas pourquoi je ne ferme pas ma gueule parfois. C’est pourtant simple de se mettre dans la trajectoire de la balle.
Mais c’est moins drôle.

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