—10 : Les noeuds

Parfois, je suis le méchant.
Mais j’ai toujours une complice. Je ne peux pas mentir à tout le monde. C’est tellement fatiguant de réfléchir à toutes mes phrases pour savoir ce que je dois censurer ou non.

Ce soir là, j’ai donc laissé mes envies prendre le dessus.
Je savais que ce n’était pas la chose à faire, et pire encore, ce n’était même pas un vrai « besoin ». Je cherchais surement à me prouver quelque chose, où à compliquer les choses dans ma vie.

Quand les choses sont trop simples, je m’ennuie. J’ai peur. Je ne sais pas faire. J’ai l’impression que ma vie se résume à démêler des nœuds. Donc parfois, je ferme les yeux, je gigote dans tous les sens, et quand je les ouvre à nouveau, je regarde le bordel que j’ai foutu autour de moi. Ma théorie du chaos.

Donc ce soir là, je voulais faire des noeuds. Des gros. Et je ne pouvais pas trouver mieux qu’elle pour m’aider à faire ça.

Ma conscience aurait pu tout arrêter. Surtout que ma conscience avait un joli prénom.

Mais non, c’est autre chose qui m’a stoppé. Une raison ridicule. Tellement ridicule qu’elle m’a stoppée nette.

Chose inimaginable alors, j’ai menti à ma complice. Un demi-mensonge. Une vérité qui cachait le reste. Donc pas de quoi me sentir mal. On a donc parlé, et on a dormi.

Le lendemain, elle m’a dit « Tu ronfles ».
J’étais vexé. Véritablement. Pauvre conne.

J’avais tellement envie de lui dire que j’avais été bien sympa hier soir, que j’avais mis les formes pour la rejeter en douceur. Que malgré le fait que parfois, je puisse être un vrai connard, je me souciais réellement des autres. À ma façon. Qu’en fait, elle était bien plus paumée que moi.

Mais j’ai fermé ma gueule. Parce qu’elle ne méritait pas que je m’en prenne à elle.
Elle était ma complice hier soir. Il ne faut pas devenir l’ennemi de sa complice.

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