—81 : S.O.S.

Quand je parle d’elles, je parle de moi.
Donc ça fait déjà 80 fois que je fais des monologues.

L’incompréhension me tue. C’est un fait.
Et j’ai toujours eu ce besoin de sentir que l’autre savait ce qui se passait dans ma tête, parfois même avant moi.

Mais voilà, elle

Ne pas la comprendre, c’est se dire que je ne comprends plus grand monde. Et donc accepter que les choses peuvent se passer sans que je puisse les ranger dans des dossiers de couleurs et me sentir rassuré dans mon petit confort quotidien.

Je n’ai plus pieds, même dans le petit bassin.
Je commence à croire que je ne sais plus nager.
Et je me demande surtout si j’ai vraiment su un jour.

Elle me fait douter sur toutes les autres.

—79 : Pas mieux qu’elle(s)…

Soudain, je me rappelle que je ne suis pas mieux.
Parfois, il m’arrive d’ignorer l’autre.

D’abord elle d’un côté.
Puis moi du mien.
Elle et moi par accident.
Et enfin, moi surtout sans elle.

Aujourd’hui encore, je trouve la situation assez drôle et improbable. Et même le dénouement me semble logique.

Mais puisque j’ai tendance à croire que je souffre parce qu’on m’abandonne, peut-être faudrait-il que je me penche un peu sur ces fois où j’ai fui sans me retourner.

Ce qui n’est arrivé que deux fois.

—78 : Ton indifférence, elle ne me touche pas

À défaut de pouvoir la détester elle, je me contente de détester son indifférence à mon égard.

Je me souviens qu’Orelsan avait eu le malheur de faire une chanson parfaite pour exprimer le sentiment de haine qu’on peut avoir pour l’autre.

Du coup, je ne dis rien. J’intériorise.

Mais le problème, c’est que c’est un cercle particulièrement vicieux : Elle m’ignore, donc je vais mal. Et quand je me demande pourquoi je souffre comme ça, forcément, j’identifie la cause, donc je pense à elle, donc je me dis qu’elle ne pense pas à moi, donc je replonge. Encore et encore.

En fait, je me rends compte que je ne guéris pas. Au mieux, je me laisse distraire…

—77 : (Se) mentir jusqu’au bout

La douloureuse impression de jongler avec des couteaux sans manches.

Une même soirée et entendre parler d’elles.
Une même soirée à me méfier de chacune de mes réactions.

Mentir aux gens.
Se mentir à soi-même.

Je pense aller bien, mais dès que je prononce son prénom, la douleur est bien réelle.

Prendre un temps, une demi-inspiration pour voir si les autres ont vu la faille.

Savoir quel rôle jouer.
Entre celles qui me manque et celles qui me détestent.

—76 : Moi = Elle + Elle + Elle…

Parfois, je crois véritablement ce que je dis.
Par exemple, je suis persuadé de prendre mes décisions tout seul.

Mais voilà, lorsqu’une d’entre elles dit qu’elle aime bien une chose, et encore plus quand ça me concerne, elle me conditionne.

Par exemple, elle m’a dit un jour qu’elle m’aimait bien les cheveux rasés. Depuis, c’est ma coupe de cheveux de référence.

Et elle qui aimait tel type de fringues chez un mec : changement progressif de mon style vestimentaire.

Puis un jour, elle qui craque sur ce mec pour des raisons particulières : tentative de récupération du style.

Et elles sont nombreuses.

Aujourd’hui, si je m’aime plus ou moins bien comme je suis, c’est grâce ou à cause d’elles.

—73 : Elle, comme les autres…

C’est typiquement dans ce genre de moment que je doute de moi.

J’ai l’impression que ça va bien.
Elle m’annonce que ça va mal.

Forcément, je me remémore instantanément les dernières jours, mois, moments en commun, et j’analyse.
À ce moment précis, je fais exactement ce qu’on me reproche de faire à longueur de temps.

Elle dit que ça va mal.
Je maintiens que ça va, même si tout n’est pas parfait.

J’ai peur de la perdre.
J’ai peur de mal visualiser les choses.
J’ai peur d’être un peu schizophrène et d’être bloqué avec la mauvaise partie de ma personne : celle qui pue l’optimisme et qui n’est pas foutue de se rendre compte que le bateau prend l’eau.

Puis vient les désormais classiques « malentendus ».
Elle dit que je lui fais comprendre une chose.
Je lui explique que ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, et qu’au contraire, je tente de lui prouver quotidiennement l’inverse.

Et voilà comment, en quelques secondes, elle est passée du statut « Toi, tu sais qui je suis » au statut « Toi aussi, tu te trompes sur mon compte ».

Qu’elle ne me comprenne pas, c’est la pire chose qui puisse m’arriver.

—71 : Belle et compliquée

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’arrive pas à parler d’elle.
L’envie est là, mais je ne trouve pas les mots.

Pourtant, l’histoire fut aussi belle que compliquée.
Sauf qu’aujourd’hui encore, je me sens coupable d’avoir raté tant de choses avec elle.

Et au moins, elle m’aura appris à me remettre (un peu) en question.

—70 : La pire de toutes

Elle. La pire de toutes.

Le plus simple, c’est de la détester.
Le plus dur, c’est de se rendre compte que je l’aime.

La voir, c’est penser à lui faire mal et espérer qu’elle me veut du bien.
Du coup, je l’évite. Ou alors, c’est elle.

—69 : Switch

J’ai du mal à savoir ce que je veux.
Je pense savoir ce que je ne veux pas.

Elle me dit qu’elle veut sortir avec moi.
Moi, je n’ai vraiment pas envie.
C’est physique.

Elle insiste un peu plus chaque jour.
Ça me flatte.
Lui dire non devient une sorte de victoire quotidienne pour moi.

J’ai le pouvoir.

Switch.

La solitude me pèse.
Tout le monde commence à le savoir.

Je lui demande de sortir avec moi.
Elle ne veut plus.

Je ne comprends pas pourquoi.
Sa logique ne me plaît pas. Je lui demande des explications.
Je suis limite méchant dans mes propos.

Dès les premières phrases, elle voit juste.
Je me sens con. Bien fait pour la gueule.

—68 : Le soir où j’ai pleuré deux fois…

Ce n’est pas le lieu qui est important.
Ni les circonstances.

Ce que je retiens malheureusement de ce soir là, c’est que j’ai eu mal.
Un mal moral qui se traduisait par une véritable souffrance physique.

Impossible de prendre le temps d’évaluer les choses.
Impossible de me raisonner.
Le pire : m’entendre pleurer. Dans le silence de sa chambre, j’étais au plus mal.

Ce soir là, j’ai perdu quelque chose.
Et je ne sais toujours pas quoi.
Mais je sais qu’il y a un vide à combler.