—49 : Oui mais non

La voir passer en une seconde des larmes au rire.
Ne pas comprendre pourquoi.
Réfléchir.
Ne pas remarquer qu’elle s’éloigne.

MERDE.

Je viens de comprendre.
Elle a mal interprété mes propos. Elle vient de s’enthousiasmer sur une incompréhension.
Que faire ?
De toute façon, elle n’est plus là.

J’ai tout le temps de faire le point.

Si je lui dis qu’elle s’est complétement plantée dans l’interprétation de mes mots, je la fais souffrir. Une fois de plus. Et je serais donc reparti pour un cycle où je la réconforte, qu’elle s’imagine des choses, et qu’elle me fasse une nouvelle déclaration… Je commence à le connaître ce cycle.

Si je ne dis rien, je me mens à moi-même. Bien que je trouve cela excessif, je pense que j’ai envie de la jouer « sens du sacrifice ». On ne pourra jamais dire que je ne suis pas un mec gentil en sachant ce que je suis capable de faire pour éviter de blesser les gens.

Mon raisonnement est bancal, mais au moins, il existe…
Pourquoi a t-il fallu qu’elle comprenne mal ce que je lui disais ?

—48 : The Mindfucker

C’était prévisible. À un moment ou à un autre, elle l’aurait dit de toute façon…

« Tu as l’art de te prendre la tête ».

Elle a vu juste.
Et comme à chaque fois, je suis à la fois heureux et vexé à l’arrivée de cette constatation.

Heureux parce que je me dis qu’enfin, on commence à comprendre que derrière cette décontraction apparente, il y a une machine un peu déréglée qui cherche pertinemment à retrouver un sentiment de logique.

Vexé parce que généralement, la découverte pour l’autre de ce détail important se fait souvent de façon dédaigneuse, comme si j’étais le seul à le faire, et que surtout, c’était une mauvaise chose.

Surtout que ce qu’elle ne voit pas, c’est que si je me prends effectivement la tête, c’est parce qu’elle ne m’aide pas à la comprendre.

Elle.
Elle qui est tout sauf mystérieuse.
Elle qui fait une chose et son contraire et qui pense que je ne vais pas le remarquer.
Elle que je déteste un peu parce qu’elle me laisser ranger le bordel qu’elle est entrain de foutre.

J’ai limite envie de lui gueuler dessus. Je n’aurais pas besoin de chercher une logique si elle l’était.
Mais faible comme je suis, il suffit d’un sourire ou d’une absence de sa part pour que je veuille rester près d’elle… pour mieux la connaître.

—47 : Ridicule

Moi. En retrait. Seul.
J’ai mal. J’ai mal comme jamais je n’ai eu mal et, par anticipation, jamais je n’aurais mal dans ce qui me reste à vivre.

L’impression d’être humilié. Incompris. Repoussant.
L’impression d’avoir tout compris de travers. D’en faire des tonnes.

Je suis parti en pensant qu’on allait me retenir.
Personne ne l’a fait. Certains ont même souri.

Je me vois, m’entends, me sens pleurer.
C’est tellement ridicule.

Il arrive. Il s’excuse.
Il ne comprends pas mais il s’excuse.
Du coup, je n’arrive plus à le détester.

Elle arrive. Il s’en va.
Elle ne s’excuse pas.
Elle ne comprends pas et ne s’excuse pas.
Mais je n’arrive pas à la détester.

Donc je me déteste.
Et je continue de pleurer.
C’est vraiment ridicule.

—46 : Contradiction

Elle me parle de lui.
Je l’écoute. Je lui réponds.
Elle sait ce que je pense d’elle.
J’ai juste envie de lui dire que je m’en fous de lui.
J’ai juste envie de l’aider à obtenir ce qu’elle veut.
Contradiction.
Comme souvent.
Son bonheur.
Mon bonheur.

—45 : Évidence

Elle. Moi.
Un moment très rapide de silence entre deux grands instants de « n’importe quoi ».

Dans cette seconde de rien, j’y vois plus clair.
Notre rencontre hasardeuse, les événements douloureux qui ont conduit à notre première discussion heureuse, les messages ambiguës… Il y a une suite logique là-dedans.

« Un jour, toi et moi, on sortira ensemble ».
La phrase est sortie toute seule. Pas le temps de me rendre compte que ça pouvait faire prétentieux de ma part. Mais j’étais sûr de moi, moi qui pourtant n’aime pas les évidences.

Aucune arrogance de ma part. C’est presque comme si mon cerveau avait pris le contrôle pour nous faire comprendre, à elle et à moi, que la route était déjà tracée.

Je ne cherche pas à connaître sa réaction.
Ça arrivera.
Tôt ou tard.

—44 : Tout ou rien

« Je préfère vivre quelques minutes de bonheur avec toi et souffrir ensuite que de ne rien vivre du tout« .

C’est la première fois que j’arrivais à trouver les mots pour exprimer ce que j’avais toujours pensé depuis le début. Et il a fallu que je lui dise à elle.
Bien sûr, je le pensais. À 200%.

De même, cette déclaration n’était pas une phrase toute faite pour la rendre amoureuse de moi.
Non, en fait, c’était simplement un message de prévention, car je me doutais bien que cette histoire se terminerait mal.

Mais voilà, grâce à elle, j’allais ouvrir les yeux sur ma façon de vivre mes relations.

—43 : 1400 jours ensemble

Nous avons donc passé exactement 1400 jours ensemble, soit 3 ans, 10 mois et un jour.
Du coup, quand je regarde le film (500) jours ensemble, je comprends pourquoi j’ai l’impression de vivre la même chose de façon démultipliée.

—42 : D’abord… Ensuite… Enfin…

D’abord… un bar.
Un lieu agréable, un fauteuil confortable, et elle, toujours aussi souriante.
Des mois qu’on se croise, qu’on se parle, qu’on rigole, mais que je ne la connais pas. Ce soir, enfin, je la découvre.

Ensuite… une balade.
Elle me fait découvrir sa ville. Je ne le sais pas encore, mais je retiendrais tous ces lieux, tous ces détails.
On décide de se poser près de l’eau, au soleil. On se livre, on partage nos expériences. Je tombe vraiment sous le charme.
Un mec vient nous déranger. Il nous fait des tours de magie. Je ne veux pas qu’il reste, mais il rend cet instant encore plus improbable…

Enfin… la séparation.
La soirée se termine. Nous devons repartir chacun de notre côté.
Une bise. Un sourire. Et demain sera un autre jour.

Non.
Je ne peux / veux pas qu’on se quitte comme ça.
Me voilà entrain de faire demi-tour, à courir pour la rattraper dans le métro.
Elle se retourne enfin, l’air surprise…

Je lui dis que j’ai trouvé ce moment tellement unique que je dois lui dire. Et que je ne sais pas si dois l’embrasser maintenant, même si il est évident que l’occasion ne se représentera pas.
Je lui dis que j’en ai envie.
Je lui dis que je n’ose pas.

On est là, l’un en face de l’autre, sur ce quai, à se regarder dans les yeux.
Il peut se passer n’importe quoi à partir de cet instant, je ne me souviendrais que de ces derniers secondes. Mélange de bordel et de calme dans ma tête.

Le métro arrive, on ne se lâche pas du regard.
On doute.
Elle monte.
Je lui souris.
Le métro démarre, l’éloigne de moi.
Je rentre de mon côté.

Tout se passe dans les détails.

—41 : Mauvais parcours

Je te trouve sympa.
Je t’aime bien.
Je m’entends trop bien avec toi.
J’ai envie d’être avec toi.
Je suis très bien avec toi.
Je t’aime.
Je t’aime à en mourir.
Je t’aime à m’en compliquer la vie.
C’est compliqué, mais je t’aime.
Je t’aime par habitude.
Je me pose des questions.
Je ne t’aime plus.
Je te déteste.
Je t’aime encore.
Je te déteste.
Je t’aime encore.
Je te déteste.
Je la trouve sympa.

—40 : Honnête

À défaut de l’être avec elle, je ne suis même pas foutu d’être honnête avec moi-même.

Je dis tout le temps que ma seule envie, c’est qu’elle soit heureuse, alors qu’en fait, je veux qu’elle le soit, mais grâce à / à cause de / avec moi.
Je veux être heureux parce qu’elle l’est.

En fait, je ne suis qu’un putain d’égoïste qui n’est pas foutu d’y voir clair dans sa vie.

Mais surtout, j’ai beau dire tout haut que j’ai tourné la page, quand je suis seul, je ne rêve que de la reconquérir.