—118 : Et donc… Elle…

J’aurais beau savoir que les journées ont 24 heures, que le soleil se lève toujours à l’est, que les chiens ne font pas des chats et qu’on ne dit pas « au jour d’aujourd’hui », je dois me rendre à l’évidence : je ne sais pas tout.

Avant elle donc, je pensais connaître les règles et les codes. Je me sentais fort, certes, mais aussi seul. L’impression de ne pas avoir le loisir de me laisser porter par les choses.

Sauf qu’elle

Un faux départ.
Une seconde approche.
Une conversation.
Du rire.
Beaucoup de rire.
De la séduction. Elle d’abord.
Ses phrases qui sonnent justes, trop justes même.

L’impression d’être compris mais découvert.
Agréable mais déroutant.

La vie est vraiment pleine de surprises.

—117 : Ne gâche pas tout

« S’il te plaît, ne gâche pas tout ! »
C’est par ces mots qu’elle m’a mis K.O.

Je me suis soudain rendu compte de la fragilité de l’instant. Un mot, un geste, une seconde, et tout peut disparaître.

J’aurais aimé lui dire qu’elle me mettait une pression énorme d’un coup. Si elle en était arrivée à me dire ça, c’est qu’on était plus proche d’un mauvais basculement que d’une stabilité à toute épreuve.

J’aurais aimé lui dire que la réciproque était vraie. Pourquoi devrais-je être le seul à pouvoir tout foutre en l’air.

J’aurais aimé lui dire que je ne l’avais vu venir.

Mais je n’ai rien dit.
Parce que je n’y ai pas pensé.

—116 : Questions à choix multiples

Encore un de ces moments où je me demande si ce n’est pas plus dur de ne plus être avec elle que l’inverse…

Rester le même, c’est se rendre compte qu’elle m’aimait pour certains détails. Et espérer son retour.

Changer, c’est se dire que je fais ça pour l’oublier, la blesser, la faire réagir. Et ne plus,trop savoir qui je suis.

Elle me manque.

—115 : « Je ne t’aime pas » / « Moi non plus »

Fourbe qu’elle est…
Les années passent, les phrases changent, l’idée reste la même.

« Je ne veux pas perdre ton amitié »

Ne pas craquer.
Ne pas craquer.
Sourire.

« Moi non plus »

Sauf que l’un n’empêche pas l’autre.

—114 : Suis moi, je te fuis… Etc…

En spectateur privilégié de ma propre vie, je remarque surtout que je suis extrêmement doué pour faire de mauvais choix.

Au moment où je devrais me battre pour elle, je baisse les bras.
Je me persuade que c’est pour le bien de tous, et des mois après, je réalise mon erreur.

Par contre, alors que la logique voudrait que je marche en regardant devant moi sans me retourner, je reste là, fier de lui montrer que de me rejeter 10 fois ne suffit pas et que j’arriverais à lui prouver qu’on est fait pour être emsemble, elle et moi.

J’ai déjà dû dire quelque part que parfois, je me mettais intentionnellement dans des situations complexes pour me sentir vivant : c’est indécent comme c’est évident.

—113 : Love : LV1

Pour elle, j’ai fait beaucoup d’efforts inconscients.
Tout en simplicité. Un vrai plaisir.

L’année d’après, on change tout.
Du coup, plus rien.
Sans elle, ça n’avait plus de sens.

Ma personnalité, mes envies… Toutes les choses anodines qui me caractérisent dépendent d’elles.

—112 : I don’t like U, I love her

Je me souviens que j’ai un cœur quand celui-ci va mal, très mal…

Nous étions ensemble, comme souvent.
Elle allait le rejoindre.
Nous l’accompagnons.

Impossible pour moi de raisonner correctement.
Situation compliquée comme jamais.
As usual.

Tout ce que je sais, c’est que je ne voulais pas y aller. Je ne voulais pas le connaître. Pas le voir. Et surtout, ne pas lui donner cette fille que j’aime encore.

Mais que faire d’autre ?
Nous sommes amis, n’est-ce pas ?

J’aurais pu en vouloir à la terre entière de ne pas me soutenir dans cette non-acceptation de la réalité.

Et puis ce mec…
Sorti de nulle part.
Je l’aime pas.
Je ne le connais pas mais je ne l’aime pas.

En fait… Je suis jaloux.
Et ça fait mal.

—111 : Bad / Fake Boy

On était tous dans la chambre, à ranger nos affaires.
Soudain, quelqu’un débarque pour nous prévenir : « Elle est entrain de pleurer, je crois qu’ils ont rompu ».

Bon, en même temps, ça faisait quoi ? Deux, trois semaines qu’ils étaient ensemble ?
Ça faisait bien des mois qu’elle me hantait. Tout le monde souffre maintenant.

Mais cette information doit rester secrète. Personne ne doit savoir les sentiments que j’ai pour elle.

Tout le monde parle, analyse, donne son avis sur la question. On étudie le pourquoi, le côté inévitable de la situation, tout y passe.
Pour faire le malin et pour brouiller les pistes, je gueule en disant que son ex était un gros connard, et que je lui casserai bien la gueule.

Et je donne un coup de poing dans le mur.

Un faux.
Genre « j’suis revolté ».
Mais assez fort pour que tout le monde puisse y croire.
Assez fort pour que je puisse avoir mal en fait.

Quel con.

L’un des spectateurs me fixe. Je fais de même.
Il doit croire à mon coup de sang.
Il me dit : « En même temps, toi, tu l’aimes ».

J’essaye de nier. Trop tard.
Tout le monde me regarde entrain de me décomposer de honte.

Depuis, quand je mens, je fais beaucoup plus attention.

—110 : Jusqu’à ce que la mort n’arrange rien…

Ne pas réfléchir, écrire les choses comme elles viennent, sinon, elles ne sortiront jamais.

Je n’ai jamais parlé de sexe ici. Parce que le sujet est délicat. Et qu’il ne rentre pas dans « la ligne éditoriale » de cet espace.

Je n’ai jamais parlé de la mort non plus. Parce que c’est un sujet tabou.
Pourtant, à plusieurs reprises, j’ai voulu mourir à cause d’elle.

C’est bizarre, cette autocensure autour de ces pensées morbides.
En vouloir à l’autre, l’insulter, lui souhaiter du mal, à la rigueur, on l’accepte. On se dit que c’est la douleur qui parle, qu’il y a deux personnes dans le véhicule et que ce n’est pas nous au volant.

Mais vouloir se faire du mal à soi-même n’est pas envisageable.
Il ne faut surtout pas y penser.
Il ne faut surtout pas en parler.
Sujet tabou.

Et pourtant…
Dans ces moments où la pénombre fait partie de notre quotidien, on se dit qu’on n’est pas forcément le seul à avoir eu cette idée de mettre un point final à une histoire qui, selon l’autre, n’existe plus.

Surtout qu’égoïstement, cet acte soit-disant libérateur serait aussi l’ultime façon de blesser l’autre. Je comprends que l’image puisse être séduisante.

Comprenons-nous bien, je ne parle pas au présent.
Mais l’idée m’a traversé l’esprit.

—109 : Une histoire d’hommes

Je fais ce que je peux pour ne pas lui ressembler.
Et même quand je suis beaucoup plus que borderline, je me répète que lui et moi, on est pas pareils.

En même temps, j’en sais rien, je ne connais que l’histoire que j’ai bien voulu me raconter à son sujet.
Je ne sais rien de lui.

Il n’empêche… Dans ces moments où je me comporte comme le premier connard venu, j’embarque avec moi ce sentiment de culpabilité qui me pousse à chercher au fond de moi une ou plusieurs bonnes raisons pour justifier mon acte.

Entre le noir et le blanc, je joue avec les nuances de gris.