—101 : F*ck this day

Encore une histoire que se termine mal !
En même temps, elle n’a pas bien commencé non plus.

Cette journée était déjà pourrie à cause de l’autre, mais elle a fait encore plus fort.
On avait rendez-vous à 16h.
Elle est arrivée à 17h45. Sans me prévenir.

Bien sûr, elle s’excuse.
Bien sûr, je dis « T’inquiète pas, c’est pas grave ».

On retrouve notre petite bande, on se balade, on discute, je déprime.
J’aime vraiment pas cette journée, j’aime pas cette ambiance.
J’ai envie de rentrer chez moi.

Mais je reste.
Je sais pas pourquoi, mais ça me semble important.

On va d’un point A à un point B. On mange. La nuit tombe.

J’anticipe déjà les emmerdes quand on sort de cette station de métro.
Une bande de mecs devant moi.
Trop de filles dans mon groupe.
Une tentative de drague, une réponse qui ne plaît pas, embrouille.

Instinctivement, je la protège elle plus que les autres.
J’ai peur pour elle, j’ai peur pour moi.

Montée d’adrénaline.
Je gueule fort, je sépare tout le monde, je ne sais pas trop ce que je fais d’autre. Mais tout le monde va bien.

On décide de rentrer.
Elle est sous le choc.

Ma journée de merde n’est rien face à sa soirée.
Je m’inquiète vraiment.
Je me dis que si je ne lui avais pas proposé de passer la soirée ensemble, ça ne serait pas arrivé.
Je me dis que si l’autre n’avait pas gâché ma vie, je n’aurais pas voulu sortir.
Je me dis que tout est de ma faute.

Je parle. Je parle. Je parle.
Et j’arrive à la faire sourire.

—99 : Vraiment dure était la chute…

Des mois, des semaines, des jours et donc quelques heures après…
Bad Feeling.
Epuisé.
J’ai juste envie de l’appeler pour lui raconter ma journée et trouver ce réconfort.

Merde.
Elle est plus là en fait.

C’est drôle cette faculté qu’à mon corps, mon âme, mon esprit ou que sais-je encore, à me faire des (mauvaises) surprises de ce genre.

Des mois, des semaines, des jours et donc quelques heures que je pensais aller mieux bien. Ben non. Je découvre que je ne peux même pas me faire confiance sur ce point.

En même temps, si je savais un minimum où j’en étais et vers où je me dirigeais, ça ne serait pas arriver. Enfin… Je crois…

Donc voilà, à l’heure du bilan, malgré ces nombreuses blessures, je suis assez confiant.
Donc c’est aussi un Good Moment.
Ce 99ème passage n’a rien de cyclique, même si je connais déjà ces symptômes.

Je sais juste que l’histoire ne s’arrête pas là.
Et j’espère un jour vous parler d’elle.

—97 : Save me

Allez, cette fois, je vous donne une période : les années 90.
Je vous donne même le contexte : voyage scolaire en classe nature.

Je n’arrive pas à me souvenir du lieu exact, des personnes qui étaient là…
Mais comme d’habitude, je me souviens d’elle.

Nous venions d’arriver dans le gîte, avec pour ordre d’aller dans nos chambres, ranger nos affaires et ne pas traîner dans les couloirs.
Personnellement, on me dit un truc, j’écoute. Pas question de défier l’autorité professorale.

Chambre de garçons.
Nous sommes quatre.
Il y en a un qui lance « Bon, on va dans la chambre des filles ? »
Les deux autres acquiescent.
Ils font comme si je n’étais pas là.
J’aimerais venir avec eux.
J’aimerais être cool.
Ils sont déjà partis.

Je reste donc seul dans cette chambre.
Quinze minutes qu’on est là, et j’ai déjà l’impression d’être invisible. C’était bien la peine de faire des kilomètres pour vivre la même chose qu’au collège.

5 minutes. 10 minutes. Personne.
Je décide de les rejoindre.

Je sors donc, sans aucune idée de la chambre à trouver.
J’écoute aux portes.
J’ai peur qu’un prof débarque et m’engueule.

Je me souviens du couloir tout en longueur.
Au milieu du parcours, il y a trois petites marches.
Bizarrement, je sens que ce petit escalier aura une importance particulière dans quelques minutes.

J’entends des rires.
Ceux de mes potes.
Ceux des filles.
J’ai trouvé la chambre en question.
Je frappe.
Elle ouvre.
Son regard dit « Oh non ! Pas lui ! Qu’est-ce qu’il fout là ? »
Je vois mes potes sur le canapé.
Personne ne dit rien.
Elle dit « Tu veux quoi ? »
Je réponds « Je peux entrer ? »
Elle dit « Non ».
Elle ferme la porte.
J’entends des rires.

Je refais quinze fois la scène dans ma tête devant la porte close.

Je fais demi-tour.
Et je m’assois sur la seconde des trois petites marches.
Et je craque.

Sérieusement, je ne comprends pas.
J’ai toujours été le mec gentil.
J’ai l’impression d’être le mec chiant.
Le monde vient de s’écrouler il y a deux minutes.

Soudain, elle (une autre, la vraie) arrive.

Elle me demande ce qui se passe.
J’ai pas trop envie de lui dire.
Elle aussi, elle va se foutre de ma gueule.
J’suis un ado mais l’époque du « Bébé Cadum » n’est pas loin.
Mais entre deux sanglots, je lui explique toute la scène.
Elle me tend la main.
« Viens, on va aller dans ma chambre ».

Vous avez vu le film « Eternal Sunshine of the spotless mind ? »
Joël cache Clementine dans un de ses souvenirs douloureux.
Il est tout jeune.
Ses potes lui demande d’ecraser un pigeon déjà mort avec un marteau.
Le jeune Joël ne veut pas.
Ses potes le poussent à le faire.
Il s’execute en pleurant.
Et la jeune Clementine vient le sauver de ses tyrans.

J’ai l’impression d’avoir été sauvé de la même manière.
J’ai un peu honte d’être aussi faible.

Mais maintenant, vous savez pourquoi je m’attache aussi souvent à elles.

—95 : Comment te dire adieu ?

Je répète à qui veut l’entendre que je n’ai pas de regrets dans ma vie.
Selon moi, faire les choses en connaissance de cause m’empêche de regarder en arrière et changer d’avis. Je voulais le faire, je l’ai fait, donc tout va bien.

Bien sûr, je mens.

Et je regrette d’avoir été aussi lâche avec elle.

Il y a des histoires qui se racontent sur des bancs.
Celle-ci n’est pas heureuse.

Depuis quelques jours, je devais lui faire vivre un enfer.
Depuis quelques heures, j’avais pris ma décision.
Depuis quelques minutes, j’étais entrain de lui mentir sur la raison de ma rupture.

Je ne lui disais pas la vérité.
Je lui inventais au fur et à mesure une histoire qu’elle pouvait entendre…
… et qui me rendait presque humain.

L’équivalent d’un « C’est pas toi, c’est moi », mais en masculin.
L’idée était donc de la protéger une dernière fois de moi et mes foutus problèmes.

Aujourd’hui encore, je crois m’être sacrifié pour la bonne cause alors que j’étais à la base du problème.

J’ai foiré mes adieux comme j’ai foiré mon histoire avec elle.

Ça explique pourquoi parfois, je pense à la retrouver, pour voir à quel point sa vie est bien meilleure depuis que je n’en fais plus partie.

—92 : Elle… Ex…

Comme d’habitude, on marche tous ensemble.
On s’amuse.
On discute.
On passe de bons moments.

L’information du soir, c’est qu’il y a une romance dans l’air entre elle et moi.

Je me méfie. Je ne sais pas trop si ça va vraiment marcher. Je ne sais même pas si je ne suis pas entrain de me bercer d’illusions.

Et le voilà qui arrive.
Je sens qu’il a un truc à me dire.

« Mais tu sais que c’est mon ex ? »
Ben non, je ne le savais pas.

« Et ça ne te fait pas bizarre de savoir qu’elle et moi… Tu vois ? »
Je te dis que je ne savais pas il y a quelques secondes. Donc laisse moi digérer ces deux informations. S’il te plaît.

Bien sûr que ça me fait chier. Je ne comprends même pas que tu m’en parles. Tu cherches à la garder intacte dans tes souvenirs ?

Ben ça n’arrivera pas.
Je ne te donnerais pas ce plaisir.
C’est votre passé.
J’étais pas là.
Je ne vous connaissais même pas.

Ce qui compte pour le moment, c’est de savoir si il y aura vraiment un « elle et moi ».

—91 : Tête de mule

Alzheimer amoureux. Leçon 91.

Je me souviens être sorti avec elle.
Je me souviens surtout que sortir avec elle, ça voulait dire qu’on avait décidé d’être ensemble, mais rien de plus.
Je me souviens donc être sorti avec elle… mais à la façon des années 80.

Puis je me souviens l’avoir détesté.
Aucun souvenir de la raison. Ni maintenant, ni à l’époque.

Mais voilà, aujourd’hui encore, quand on se voit, y’a une partie de moi qui reste en alerte.
On sait jamais.

—88 : Nouvelle vague

J’hésite à écrire cette histoire.
Parce qu’elle sonne faux.
Parce qu’elle me fait encore mal.

J’étais assez fier de l’inviter à nous rejoindre.
J’étais surtout étonné par l’idée qu’elle accepte mon invitation.

La soirée s’annonçait énorme.
Avec lui, on avait d’ailleurs tout organisé pour que tout se déroule dans une bonne ambiance.

Ben non.
Calme plat.

D’une fête prévue pour 100 personnes, nous étions passés à une quinzaine d’âmes dans une salle vide.
Et c’est donc assis sur ma chaise que j’ai pu observer le rapprochement entre lui et elle.

Mais le pire était à venir.

Nous voilà donc à dormir tous les trois dans le même lit.
Je me souviens encore du bruit de leurs baisers toute la nuit. Torture mentale et physique.

Je ne sais plus si je lui en voulais à lui pour m’avoir « volé » mon petit rêve inaccessible, ou à elle de ne pas avoir vu que je souffrais de la situation.

Et je n’ai rien dit. J’ai souffert en silence.
Le bonheur des autres avant le mien.

—86 : Expectation / Reality

Avant.

Je veux absolument la voir.
Lui parler.
Lui prendre tout son temps.
Non.
Qu’elle décide de passer tout son temps avec moi.
C’est mieux.
Je veux lui chuchoter quelques mots à l’oreille.
Je veux la voir sourire.
Je veux sentir son regard complice.
Je veux lui dire qu’elle est belle.
Je veux être surpris par le fait qu’elle est encore plus belle quand je le remarque.
Je veux lui prendre la main.
Je veux poser ma main délicatement sur le bas de son dos.
Je veux l’embrasser.

Après.

Je vais pleurer.
Je veux que ça s’arrête.
Je veux être avec elle.
Ou je veux me réveiller uniquement les jours où les choses se passent bien.
Je veux qu’elle m’envoie un message.
Je lui envoie avant.
Je lui dit des choses que je n’ai pas pu dire tout à l’heure.
Elle ne repond pas.
Je me dis que je ne lui envoie pas d’autres messages avant qu’elle se manifeste.
Je m’énerve.
Je me sens triste.
J’en ai marre.

—84 : J’ai (encore) rêvé d’elle

Ouch.
Et encore, le mot est faible.

Des semaines que je dis que tout va bien.
Des semaines que je le pense.
En fait, ça fait des semaines que j’évite le problème.

Ne surtout pas penser à elle.

Dès que quelqu’un aborde le sujet, j’ai ce foutu réflexe de répondre par l’humour et l’absurde. De faire comme si je n’avais qu’un vague souvenir de cette histoire. Et souvent, ça marche.

Ne surtout pas penser à elle.

Mais voilà, comment faire quand elle s’incruste malgré dans un rêve ?

Douloureuse sensation : je me revois entrain de comprendre qu’il y avait une anomalie dans ce songe. Je me disais « Non non non, ne la laisse pas venir ici ! ». Et surtout, je sentais mon cœur se comprimer à l’idée de l’imaginer à nouveau.

Putain. Ça fait vraiment mal.

Du coup, j’ai passé 10 minutes au réveil à torturer mon cerveau pour effacer ce demi-cauchemar de ma tête. Peine perdue. J’avais juste envie de pleurer. Une fois de plus. Mais je ne l’ai pas fait. Je suis peut-être devenu un peu plus fort.

Ne surtout pas (re)penser à elle.

—82 : Rendez-vous

« Tu sais que [XXX] t’attend derrière [LIEU] ? »
Une grande partie de moi sent le piège. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ce lieu ?
L’autre partie veut y croire.

Il est tard, mais j’y vais.
Pendant tout le trajet, je souris autant que je m’inquiète.

Si l’information est vraie, je n’aurais qu’à me laisser porter par son envie de me voir.
Si l’information est fausse, je devrais vivre avec cette idée que n’importe qui peut jouer avec moi avec les bonnes armes.

J’arrive sur le lieu du rendez-vous.
Personne.
J’attends un peu.
Un peu plus.
J’attends vraiment.
Personne.

Je retourne au lieu A.
J’interpelle le messager.

« Ben elle est repassée, elle te cherchait. Je crois qu’elle est là-bas maintenant »

Autre lieu, autre décision à prendre.
J’y vais.

Et encore personne.
Même rituel. J’attends parce que je ne sais faire que ça.

Retour au point A.
Avant d’entendre un autre mensonge, je décide de frapper le premier :
« Tu serais pas un peu entrain de te foutre de ma gueule ? »
« Si, mais c’est tellement drôle de te voir courir après elle. »

Je ne sais pas si c’est vraiment drôle.
Mais c’est un peu pathétique, c’est vrai…