—99 : Vraiment dure était la chute…

Des mois, des semaines, des jours et donc quelques heures après…
Bad Feeling.
Epuisé.
J’ai juste envie de l’appeler pour lui raconter ma journée et trouver ce réconfort.

Merde.
Elle est plus là en fait.

C’est drôle cette faculté qu’à mon corps, mon âme, mon esprit ou que sais-je encore, à me faire des (mauvaises) surprises de ce genre.

Des mois, des semaines, des jours et donc quelques heures que je pensais aller mieux bien. Ben non. Je découvre que je ne peux même pas me faire confiance sur ce point.

En même temps, si je savais un minimum où j’en étais et vers où je me dirigeais, ça ne serait pas arriver. Enfin… Je crois…

Donc voilà, à l’heure du bilan, malgré ces nombreuses blessures, je suis assez confiant.
Donc c’est aussi un Good Moment.
Ce 99ème passage n’a rien de cyclique, même si je connais déjà ces symptômes.

Je sais juste que l’histoire ne s’arrête pas là.
Et j’espère un jour vous parler d’elle.

—98 : Énième déclaration

Tout un trajet à penser à elle.
Dans quelques minutes, quelques heures, j’irai lui dire que notre histoire va connaître un nouveau rebondissement.

Tout un trajet à chercher « la » phrase.
Je veux qu’elle s’en souvienne.
Je veux m’en souvenir.

Je pense à elle. À ces bons et mauvais moments. Je m’imprègne de tout ce qui nous raconte pour trouver les bons mots.

J’arrive chez elle.

Je me souviens exactement de sa place dans la pièce.
Je me souviens exactement de l’ambiance.
Je me souviens exactement du décor.
Je me souviens exactement du trac qui m’habitait.

« Tu pourras enfin lui dire qu’on est ensemble ».

Elle entend ma phrase.
Elle comprend ma phrase.

Et je l’aime.

—97 : Save me

Allez, cette fois, je vous donne une période : les années 90.
Je vous donne même le contexte : voyage scolaire en classe nature.

Je n’arrive pas à me souvenir du lieu exact, des personnes qui étaient là…
Mais comme d’habitude, je me souviens d’elle.

Nous venions d’arriver dans le gîte, avec pour ordre d’aller dans nos chambres, ranger nos affaires et ne pas traîner dans les couloirs.
Personnellement, on me dit un truc, j’écoute. Pas question de défier l’autorité professorale.

Chambre de garçons.
Nous sommes quatre.
Il y en a un qui lance « Bon, on va dans la chambre des filles ? »
Les deux autres acquiescent.
Ils font comme si je n’étais pas là.
J’aimerais venir avec eux.
J’aimerais être cool.
Ils sont déjà partis.

Je reste donc seul dans cette chambre.
Quinze minutes qu’on est là, et j’ai déjà l’impression d’être invisible. C’était bien la peine de faire des kilomètres pour vivre la même chose qu’au collège.

5 minutes. 10 minutes. Personne.
Je décide de les rejoindre.

Je sors donc, sans aucune idée de la chambre à trouver.
J’écoute aux portes.
J’ai peur qu’un prof débarque et m’engueule.

Je me souviens du couloir tout en longueur.
Au milieu du parcours, il y a trois petites marches.
Bizarrement, je sens que ce petit escalier aura une importance particulière dans quelques minutes.

J’entends des rires.
Ceux de mes potes.
Ceux des filles.
J’ai trouvé la chambre en question.
Je frappe.
Elle ouvre.
Son regard dit « Oh non ! Pas lui ! Qu’est-ce qu’il fout là ? »
Je vois mes potes sur le canapé.
Personne ne dit rien.
Elle dit « Tu veux quoi ? »
Je réponds « Je peux entrer ? »
Elle dit « Non ».
Elle ferme la porte.
J’entends des rires.

Je refais quinze fois la scène dans ma tête devant la porte close.

Je fais demi-tour.
Et je m’assois sur la seconde des trois petites marches.
Et je craque.

Sérieusement, je ne comprends pas.
J’ai toujours été le mec gentil.
J’ai l’impression d’être le mec chiant.
Le monde vient de s’écrouler il y a deux minutes.

Soudain, elle (une autre, la vraie) arrive.

Elle me demande ce qui se passe.
J’ai pas trop envie de lui dire.
Elle aussi, elle va se foutre de ma gueule.
J’suis un ado mais l’époque du « Bébé Cadum » n’est pas loin.
Mais entre deux sanglots, je lui explique toute la scène.
Elle me tend la main.
« Viens, on va aller dans ma chambre ».

Vous avez vu le film « Eternal Sunshine of the spotless mind ? »
Joël cache Clementine dans un de ses souvenirs douloureux.
Il est tout jeune.
Ses potes lui demande d’ecraser un pigeon déjà mort avec un marteau.
Le jeune Joël ne veut pas.
Ses potes le poussent à le faire.
Il s’execute en pleurant.
Et la jeune Clementine vient le sauver de ses tyrans.

J’ai l’impression d’avoir été sauvé de la même manière.
J’ai un peu honte d’être aussi faible.

Mais maintenant, vous savez pourquoi je m’attache aussi souvent à elles.

—96 : J’ai accepté par erreur, ton invitation…

« Samedi, y’a une expo sympa, ça te dit de venir avec moi ? »
Oui.

Nous sommes mardi. Il me reste donc mercredi, jeudi et vendredi pour me rendre compte que je vais faire une balade avec elle, trouver comment m’habiller et, accessoirement, ne pas trop avoir l’air con.

Je l’aime bien. Elle a toujours été gentille avec moi. Et surtout, elle me pousse à explorer des facettes de ma personnalité que je n’ai jamais vraiment voulu mettre en avant, sans un mot, sans me le demander.

J’aime bien penser à elle. Je me doute bien que les chances qu’on soit ensemble sont proches de zéro. Mais être ami avec elle, c’est déjà être plus proche que tous les autres mecs qui ne savent pas la comprendre.

La veille donc.

Je me dis que demain, je vais aller dans une ville inconnue, dans un lieu inconnu, à vivre une situation inconnue. Et je devrais faire comme si tout était normal. Ne pas laisser transparaître la nouveauté.

Je cherche un style vestimentaire. Différent des fringues de la semaine. Similaire à ma personnalité. Trop. Pas assez. C’est chiant. Et ces chaussures ? Parfum ? Oui ? Non ?

Je ne le sais pas encore, mais plus tard, tous mes premiers rendez-vous seront aussi intensifs.

Samedi.

On a rendez-vous à 14h.
Il est 9h45.
De chez moi à la gare, j’en ai pour 15 minutes de marche. Donc si je pars maintenant, j’arriverais à 10h. C’est un peu tôt. Le mieux, ça serait de partir vers 13h30. Comme ça, j’arriverais vers 13h45, donc j’aurais un peu d’avance, et si elle arrive vers 13h50, on sera tous les deux en avance et j’aurais gagné 10 minutes de plus avec elle. Maintenant, qu’est-ce que je fais entre 9h45 et 13h30 ? J’suis déjà prêt, je connais déjà le trajet que je vais emprunter… bon, ben regardons la télé.

Toutes les cinq minutes, je regarde l’heure.
Il ne faudrait pas être en retard.

Il est 13h20. Je vais partir maintenant.
Si je marche assez lentement, j’arriverais à 13h45, comme prévu.

Il est 13h30, je suis devant la gare.
Je l’attends.

Elle arrive.

Eux aussi.
Il y a six personnes de plus. Notre rendez-vous est en fait une sortie en groupe.

—95 : Comment te dire adieu ?

Je répète à qui veut l’entendre que je n’ai pas de regrets dans ma vie.
Selon moi, faire les choses en connaissance de cause m’empêche de regarder en arrière et changer d’avis. Je voulais le faire, je l’ai fait, donc tout va bien.

Bien sûr, je mens.

Et je regrette d’avoir été aussi lâche avec elle.

Il y a des histoires qui se racontent sur des bancs.
Celle-ci n’est pas heureuse.

Depuis quelques jours, je devais lui faire vivre un enfer.
Depuis quelques heures, j’avais pris ma décision.
Depuis quelques minutes, j’étais entrain de lui mentir sur la raison de ma rupture.

Je ne lui disais pas la vérité.
Je lui inventais au fur et à mesure une histoire qu’elle pouvait entendre…
… et qui me rendait presque humain.

L’équivalent d’un « C’est pas toi, c’est moi », mais en masculin.
L’idée était donc de la protéger une dernière fois de moi et mes foutus problèmes.

Aujourd’hui encore, je crois m’être sacrifié pour la bonne cause alors que j’étais à la base du problème.

J’ai foiré mes adieux comme j’ai foiré mon histoire avec elle.

Ça explique pourquoi parfois, je pense à la retrouver, pour voir à quel point sa vie est bien meilleure depuis que je n’en fais plus partie.

—94 : Mais ça, c’était avant…

Avant elle, j’étais sûrement un autre.

Oui, ça fait cliché comme phrase.
Mais c’est tellement vrai.

Avant elle, je voulais être celui qu’elle attendait.
Pratiquement pas de personnalité.
Juste mon écoute et mon semblant de gentillesse.

Quand elle disait « Tu veux faire quoi ? », je devais répondre un truc bateau comme « Ce que tu veux. J’aime les mêmes choses que toi. »

Un soir, elle gueulait.
Mon inaction la rendait folle.
J’ai failli la perdre (une fois de plus) ce soir-là.

« Impose toi ! »
D’accord.
On s’est enfin engueulé… à deux.

Depuis, quand je suis un peu moi, je pense à elle.

—93 : La plus belle des déclarations

« Si j’étais hétéro, je voudrais un mec comme @sprykritic »

Rien à redire. J’aime l’image.

—92 : Elle… Ex…

Comme d’habitude, on marche tous ensemble.
On s’amuse.
On discute.
On passe de bons moments.

L’information du soir, c’est qu’il y a une romance dans l’air entre elle et moi.

Je me méfie. Je ne sais pas trop si ça va vraiment marcher. Je ne sais même pas si je ne suis pas entrain de me bercer d’illusions.

Et le voilà qui arrive.
Je sens qu’il a un truc à me dire.

« Mais tu sais que c’est mon ex ? »
Ben non, je ne le savais pas.

« Et ça ne te fait pas bizarre de savoir qu’elle et moi… Tu vois ? »
Je te dis que je ne savais pas il y a quelques secondes. Donc laisse moi digérer ces deux informations. S’il te plaît.

Bien sûr que ça me fait chier. Je ne comprends même pas que tu m’en parles. Tu cherches à la garder intacte dans tes souvenirs ?

Ben ça n’arrivera pas.
Je ne te donnerais pas ce plaisir.
C’est votre passé.
J’étais pas là.
Je ne vous connaissais même pas.

Ce qui compte pour le moment, c’est de savoir si il y aura vraiment un « elle et moi ».

—91 : Tête de mule

Alzheimer amoureux. Leçon 91.

Je me souviens être sorti avec elle.
Je me souviens surtout que sortir avec elle, ça voulait dire qu’on avait décidé d’être ensemble, mais rien de plus.
Je me souviens donc être sorti avec elle… mais à la façon des années 80.

Puis je me souviens l’avoir détesté.
Aucun souvenir de la raison. Ni maintenant, ni à l’époque.

Mais voilà, aujourd’hui encore, quand on se voit, y’a une partie de moi qui reste en alerte.
On sait jamais.